20 LA MAIN-D’OWUVRE ITALIENNE EN FRANCE
facile de se rendre compte, écrit M. Pugliesi-Conti
dans l’exposé des motifs de sa proposition de loi, que,
même à salaire égal, un ouvrier étranger continuerait,
par rapport à nos nationaux, à bénéficier d’un privilège
 exorbitant. Soustrait aux charges militaires et aux
impôts directs, l’ouvrier étranger recevrait toujours
en réalité une rémunération supérieure à celle, de l’ouvrier
 français, dont une partie du salaire continuerait
à faire retour à l’État sous forme de service militaire
et de contributions. D'autre part, l’intérêt du patron
français à recourir àla main-d’œuvre exotique subsisterait
 pour plusieurs raisons : parce que l’ouvrier
étranger, déchargé du service et des périodes militaires,
 lui assure un travail continu; parce que l’emploi
 des ouvriers étrangers à salaire égal amènerait
nécessairement une baisse générale des salaires, en
augmentant l’offre du travail d'une manière permanente
 ; parce que l’ouvrier étranger, effrayé de la discipline
 syndicale, lui offre un point d'appui pour
résoudre les conflits du travail. » Aussi M. Pugliesi-Conti
 propose-t-il, non l’égalité du. salaire pour les
ouvriers étrangers et français, mais l’établissement
d’une taxe au profit de l’Etat sur le montant du salaire
de tout travailleur étranger. M. Prat soutient la même
idée, mais estime que la taxe devrait être mise à la
charge du patron’.

1. Un assez grand nombre de lois ont fait à l’ouvrier étranger
une situation diiférente de celle de l'ouvrier français. Ces lois ont
été inspirées par le souci de protéger la main-d'œuvre française contre
la main-d'œuvre étrangère. Elles seront étudiées in/ra p. 31 et suivantes:
