28 LA MAIN-D’ŒUVRE ITALIENNE EN FRANCE
étrangères et est dirigé par un fonctionnaire éminent,
M. De Michelis, a fait droit à la majeure partie des demandes
 que, depuis 1915, nous lui avons adressées. Il
nous a envoyé 13.500 ouvriers, donnant ainsi satisfaction
 à plus de 80 p. 100 de nos demandes. D'autre part,
il a accordé le visa, entre le 1°" mai 1916 et le 1° juillet
1917, à 28.000 demandes individuelles de passeports,
présentées par des travailleurs qui lui fournissaient la
preuve d’un travail assuré en France. Si on ajoute
que le commandement italien a envoyé chez nous dans
la zone des armées, sur la demande de notre Commandement,
 4.000 ouvriers et 4 compagnies du génie,
on se rend compte que la main-d’œuvre italienne a,
depuis trois ans, largement coopéré à la production
de nos usines, fournissant une aide précieuse à nos
propres ouvriers.
Cette aide, les Italiens ne sont disposés à nous la
continuer après la guerre que si leurs travailleurs
trouvent chez nous les garanties et les sûretés auxquelles
 on estime qu’ils ont droit. Ils posent en principe
 que l'ouvrier étranger qui vient en France doit
jouir exactement des mêmes droits que l’ouvrier français.
 Jusqu’ici, dans les conventions de travail internationales,
 on s’est uniquement préoccupé de la question
 de réciprocité. On a estimé que l'ouvrier étranger
ne pouvait acquérir un droit sur notre sol qu’à condition
 que ce même droit, ou un autre exactement
équivalent, fût reconnu à nos nationaux par la législation
 du pays de cet étranger. Ce serait cette méthode
 qu’il conviendrait de modifier. Dans un article