34 LA MAIN-D'ŒUVRE ITALIENNE EN FRANCE
« Encore dans ces cas eomme dans selui s’appliquant
 aux étrangers issus des nations alliées, un
Français à pouvoirs effectifs devra-t-il être admis à
la direction dont il sera moralement responsable. Les
capitaux seront français ou alliés.
« Aueune dérogation à ces règles absolues ne sera
admise. »
Ces diverses dispositians ent soulevé quelque émotion
 dans l’opinion italienne, et M. G.-E. di Vallelonga
s’en est fait l’écho dans un article publié par la Vila
Italiana le 18 novembre dernier*.
Les lois françaises sur la protection des travailleurs
ne sont pas plus lihérales à l’égard des étrangers que
celles sur les associations ouvrières. La loi du 15 juillet
 1893 sur l'assistance médicale gratuite n’accorde
à un étranger, privé de ressources, l’assistance médi-1.

 N faut reconnaître que le vœu du syndicat des hôteliers correspond
 à un sentiment très généralement répandu dans l'opinion
française. Avant la guerre, notre industrie hôtelière était presque
tout entière aux mains d’étrangers. Propriétaires, directeurs, employés
 étaient, dans presque tous les hôtels, d'origine étrangère. On
souhaite, pour des raisons faciles à deviner, qu'un pareil état de
choses prenne fin. Déjà, le 8 décembre 1914, puis le 30 janvier 1912,
MM. Verlot et Honnorat, députés, avaicnt déposé la proposition de
loi suivante :
« Dans le délai de six mois à partir de la promulgation de la présente
 loi, toute autorisation, toute concession de l'Etat, des départements
 ou des communes, ou tout bail passé en leur nom concernant
l'établissement ou l’exploitation de casinos, établissements thermaux,
 hôtels, restaurants, cafés ou débits de quelque nature que ce
soit, devra contenir une clause stipulant qu'il ne sera pas employé
dans ces casinos, établissements thermaux, hôtels, restaurants, cafés
ou débits, une proportion d'employés étrangers supérieure à tù p. 100
de l’ensemble du personnel, sauf autorisation spéciale du Ministre
du Travail et de la Prévoyance sociale. »
Cette proposition n’eut malheureusement aucune suite.