LA MAIN-D'ŒUVRE ITALIENNE EN FRANCE “1
La question des accidents du travail et celle de la
protection des jeunes ouvriers ont été heureusement
réglées par les conventions de 1904, 1906 et 1910,
qui ont assimilé en tous points l’étranger au national.
Mais ces conventions ne se sont pas occupées de l’assurance
 contre la maladie, qui est facultative en Italie
comme en France. Les Italiens rappellent volontiers
que cette assurance est obligatoire en Allemagne
depuis 1883. Ils souhaitent qu’au moins des améliorations
 soient apportées au fonctionnement de nos sociétés
 de secours mutuels, et spécialement qu’il soit
possible à un assuré de passer d’une société dans une
autre sans perdre ses droits. L’action des sociétés de
secours mutuels ne s’étend, en effet, le plus souvent,
que dans une région restreinte, et ne s'applique qu’à
une profession déterminée. Il conviendrait que l’ouvrier,
 qui change de profession ou de domicile, ne perdît
 pas les droits qu’il a pu acquérir, et que ces droits
pussent être transportés à une autre société ‘.
D'autre part, et d’une manière plus générale, il
serait nécessaire que la situation des Italiens dans
les sociétés de secours mutuels françaises soit notablement
 améliorée, et qu’ils puissent au moins concourir
 à l’administration de ces sociétés. Il faudrait
également que des avantages importants soient accordés
 aux sociétés de secours mutuels constituées
exclusivement entre étrangers.
La convention de 1904 a fait une courte allusion

1. Certains Italiens demandent même qu'un ouvrier puisse passer
d’une société nationale dans une société étrangère.