LA MAIN-D'ORUVRE ITALIENNE EN FRANCE 43
propos des associations ouvrières contre le travailleur
étranger, assimilation complète de ce travailleur à
l’ouvrier national quant au bénéfice des lois sociales,
tels sont actuellement les deux premiers ordres de desiderata
 de l'opinion publique italienne. Mais d'autres
demandes sont encore formulées, notamment à propos
de la rémunération du travail et de la surveillance
de celui-ci.

Les Italiens demandent — et nous avons vu déjà
qu’on est chez nous nettement favorable à cette idée
— que leurs ouvriers émigrés touchent les mêmes
salaires que nos propres ouvriers. Aucune distinction
ne devrait être faite, quant au salaire, entre l’ouvrier
étranger et l’ouvrier national. Il ne faut plus que
celui-là puisse être embauché « au rabais ». M. le
député Angiolo Cabrini, dans un article que nous
avons déjà cité, rappelle que l’une des causes de
l’augmentation constante de l’émigration vers l’Allemagne
 a été la certitude qu’avaient les ouvriers, même
les ouvriers non spécialisés, de trouver dans ce pays
des salaires toujours plus élevés qu’en France “. Et
il ajoute qu’ils étaient attirés aussi par les avantages
des contrats collectifs, fort répandus en Allemagne,
qui leur évitaient de multiples difficultés, et les garantissaient
 dans toute une région, souvent très étendue,
contre les fantaisies éventuelles des patrons.
Certains Haliens ne se contentent pas de demander

|. V. la note supra v. 26.