44 LA MAIN-D'OUUVRE ITALIENNE EN FRANCE
l'égalité des salaires, ils estiment que l’émigré devrait
toucher, en sus de son salaire, une « indemnité de
dépaysement », qui compensât pour lui les privations
et les désagréments auxquels il s’expose en s’éloignant
de son pays natal, eten supportant un certain nombre
de dépenses (voyage, change d’argent, perte de
journées de travail, double loyer, etc…), auxquelles
l’ouvrier national n’est pas exposé. L'idée a été soutenue
 notamment par l'Umanitaria dans un récent
numéro de son Bulletin “. Elle a été au surplus déjà
mise en pratique depuis la guerre. Sur la demande
du Commissariat italien de l’Émigration, nous avons
consenti à inscrire dans les contrats de travail passés
entre nos usines de guerre et les ouvriers italiens, en
sus du remboursement des frais de voyage, une
indemnité spéciale qui, tantôt est payée à la famille de
l'émigrant, tantôt est versée à cet émigrant lui-même,
sous la forme d’un pourcentage de son salaire. « La
généralisation de cette mesure devra être poursuivie,
lit-on dans le Bulletin de l’Umanitaria, par les secrétariats
 des groupements de l’Émigration et par le
Commissariat royal. Il faut que ces secrétariats fassent
pénétrer dans la conscience des émigrants ce sentiment
 que l'indemnité de dépaysement est un droit, et
qu’ils doivent refuser nettement de s’expatrier si elle
ne leur est pas dans tous les cas accordée. »

|. Corrispondenza Settimanale, 28 mars 1947.