LA MAIN-D'ŒUVRE ITALIENNE EN FRANCE w5
Les Italiens insistent vivement pour que les agents
de leur service d’émigration, ou tels autres fonctionnaires
 à désigner, aient le droit de surveiller et de
contrôler le travail de leurs co-nationaux émigrés en
France. Avant la guerre, des plaintes avaient été souvent
 émises sur les conditions -lamentables dans
lesquelles, en beaucoup d’endroits, vivaient et travaillaient
 ce® émigrés. Dans le bassin de Briey
notamment, où ils venaient fort nombreux, ils ne
trouvaient le plus souvent que des logements exigus
et insalubres, véritables taudis dont leur seule pensée
était de s’échapper pour se réfugier au cabaret. Quant
au travail lui-même, sans parler des salaires extrêmement
 bas qui étaient d’ordinaire alloués, il s’effectuait
 sans qu’on tint compte des plus élémentaires
prescriptions de l’hygiène et de la prudence. Les patrons
 ne se conformaient strictement aux dispositions
de nos lois sur la protection des travailleurs que pour
les ouvriers français qu'ils employaient, les étrangers
ne méritant à leurs yeux que de moindres ménagements.
 Si cette situation n’était pas générale, du moins
était-elle assez fréquente pour avoir attiré, à maintes
reprises, l’attention du gouvernement royal et de son
Commissariat de l’Émigration. N’ayant aucun droit
dans la direction des syndicats, l’ouvrier italien
n'avait guère le moyen d'obtenir satisfaction dans
les cas nombreux où il se croyait lésé. Aussi le
Commissariat de l’Émigration obligeait-il les industriels
 qui venaient recruter des ouvriers en Italie à
signer la clause suivante :- « La maison X permettra