6 LA MAIN-D'OŒUVRE ITALIENNE EN FRANCE
au Gonsul royal d'Italie ou à un inspecteur de lPÉmigration
 de visiter en tous temps les lieux où les ouvriers
 travaillent, se nourrissent et logent. Elle acceptera
 volontiers l’entremise de ces fonctionnaires en
cas de différends particuliers ou collectifs avec les
ouvriers recrutés. »
Il faut savoir, en effet, que si, avant la guerre, l’émigration
 individuelle n’était soumise en Îtalie à aucune
formalité, si un ouvrier pouvait quitter comme il
l'entendait le royaume pour prendre du travail à
l’étranger, il n’en était pas de même de la recherche
par un industriel étranger de travailleurs disposés à
s’expatrier. Cet enrôlement d'ouvriers pour travaux
à l'étranger était soumis à une autorisation que délivrait
 le Commissariat de l’Émigration, et il ne la déliyrait
 qu'après acceptation par l’industriel de tout un
ensemble de conditions, et notamment de celle mentionnée
 plus haut.
La surveillance ainsi exercée par les agents consulaires
 italiens ou les inspecteurs de l’Émigration sur
les conditions du travail des émigrés, et l'entremise
de ces fonctionnaires dans les différends survenant
entre ouvriers et patrons, ne motivèrent jamais de
réclamations sérieuses de la part de ceux-ci. Est-ce
parce que la surveillance italienne ne s’effectuait que
rarement ? Est-ce parce que, quand elle s’eflectuait,
ceux qui en avaient la charge agissaient avec tact et
modération? Toujours est-il qu’elle ne donna lieu à
aucune observation de la part des autorités administratives
 françaises. Au surplus, dans les autres pays