LA MAIN-D'ŒUVRE ITALIENNE EN FRANCE 53
rata de l’opinion italienne sur le problème de l’émigration.
 Pour obtenir que nous y donnions suite, le
gouvernement royal a en mains une arme extrêmement
 puissante qu’il a forgée depuis la guerre et qu'il
compte bien pouvoir utiliser encore par la suite. Cette
arme, ce sont les dispositions nouvelles qui ont été
introduites dans la législation sur l’émigration. Avant
la guerre, le gouvernement italien avait déjà, de par
la loi du 34 janvier 1901 et les décrets qui la suivirent,
un certain nombre de moyens pour orienter à son gré
les courants d’émigration. Sans parler de la propagande
 et de la publicité que les très nombreux comités
locaux pouvaient faire, désignant ainsi à l’attention
des travailleurs les pays où les meilleures conditions
de travail leur étaient offertes, le gouvernement, selon
l’article 1 de la loi de 1904, — et d’une manière plus
précise le Ministre des Affaires étrangères d'accord
avec le Ministre de l'Intérieur, — pouvait suspendre
l’émigration vers une région déterminée pour des
motifs d’ordre public, ou quand la vie, la liberté,
l'intérêt des émigrants pouvaient courir un grave
danger. À deux reprises, le gouvernement royal s’est
servi de la faculté qui lui avait été ainsi concédée.
Une première fois, il à partiellement suspendu l'émigration
 vers le Brésil, une seconde fois, par un décret
du 30 juillet 1911*, il l'a totalement interdite vers
l'Argentine. D’autre part, un industriel étranger
ne pouvait venir recruter en Italie des ouvriers

i. Ce décret a eu effet jusqu'au 24 août 142.