56 LA MAIN-D’ORUVRE ITALIENNE EN FRANCE
dispositions qui sont prises. Transitoires ou non,
l’opinion italienne demande avec beaucoup d’insistance
 que ces dispositions soient inscrites dans les
traités de travail d’après-guerre. « À la période de
tutelle des émigrants, écrit M. G. E. di Vallelonga,
dans un article de la Vila Italiana sur la politique
de l’émigration italienne après la guerre, doit succéder
 la période de discipline de l’émigration. » Le
passeport obligatoire est en effet le meilleur et le
plus sûr moyen de « discipliner l’émigration ». Si,
comme on le demande, les règles établies en 1915 et
en 1946 sont maintenues après la guerre, le gouvernement
 royal pourra, à son gré, diriger les travailleurs
désireux de s’expatrier. Il refusera tous passeports
quand il jugera que l'intérêt national exige le maintien
 dans le pays de la totalité de la main-d'œuvre. Il
les délivrera dans le cas contraire, mais il ne les délivrera
 que pour les pays de son choix. Il ne nous
enverra des travailleurs que si nous donnons à ceuxci
 les garanties qu’il désire; et si nous refusons ces
garanties, il aura toute liberté pour envoyer ailleurs
sa main-d’œuvre disponible. Les Italiens ne veulent
pas qu'après la guerre, l'émigration cesse d’être ce
qu’elle était avant, c'est-à-dire surtout temporaire.
« Pour que l’émigration ne soit pas pour l'Italie un
désastre national, écrit M. di Vallelonga dans l'article
précité, il faut que les émigrés envoient leurs épargnes
en Italie, et qu’au bout d'un certain nombre d'années
beaucoup y reviennent vivre *. » D'autre part, les tra-{.

 Indiquons que les tendances françaises ne sont pas à ee point