LA MAIN-D'ŒUVRE ITALIENNE EN FRANCE 57
vailleurs d’au delà des Alpes iront, après la guerre,
là où les conditions de vie leur sembleront les
meilleures. Dans un rapport publié par l’Institut
français de Milan sur l’émigration italienne en France,
M. Umberto Caraceio rappelle ce proverbe russe :
« Le poisson cherche l’eau la plus profonde, l’homme
l’endroit où il croit se trouver le mieux ». « L’émigration,
 en principe, doit être libre, ajoute M. Caraccio,
mais l'État et les Associations ont le devoir de veiller
et de protéger partout et toujours les émigrés, de les
persuader à aller là où les conditions économiques et
sociales sont meilleures, de réclamer des nations qui
demandent de la main-d'œuvre italienne toutes les
garanties nécessaires. » L'Italie ne veut donner que
si elle recoit.

L'opinion française n’est pas unanime sur ce qu’il
conviendrait de « donner ». Les différentes demandes
italiennes semblent à beaucoup fort exagérées, et
c'est seulement sur quelques points qu’un’ accord
paraît à présent possible à conclure.
Un certain nombre d'hommes politiques ou de

de vue identiques aux tendances italiennes. On souhaite en général
chez nous que les travailleurs étrangers, réunis en véritables colo-Bdies,
 se fondent peu à peu dans la masse du pays. La législation
Ju'on songe à instituer à l'égard des travailleurs ne semble cependant
 pas de nature à faciliter cette fusion, bien au contraire, puisqu'elle
 édicterait un régime spécial pour les étrangers. Cependant,
il est hors de doute qu'on se préoceupe très vivement en France
des moyens de retenir sur notre sol les ouvriers étrangers.