88 LA MAIN-D'OUUVRE ITALIENNE EN FRANCE
publicistes français ont bien essayé de justifier dans
leur ensemble les revendications italiennes, mais
leurs plaidoyers n’ont guère jusqu’ici trouvé bon
accueil dans l'opinion. M. Marcel Cachin, M. Lairolle,
 M. Rameil, députés, entre autres, ont invoqué à
la fois les raisons morales, politiques et économiques
pour lesquelles nous aurions le devoir d'accepter ces
revendications. « Nous le déclarons bien haut, écrit
M. Lairolle dans la Revue d'Italie, le statut des travailleurs
 dans les deux pays doit être établi dans des
conditions de réciprocité absolue : lois de prévoyance,
lois d'assistance, lois de mutualité, lois syndicales,
sans aucune limitation ni restriction tout doit être
mis en commun. Nous savons très bien qu’il existe
une disproportion énorme entre le nombre des travailleurs
 italiens en France et celui des travailleurs
français en Italie, et qu’ainsi au premier abord la
France paraît faire une très mauvaise affaire en consentant
 à une réciprocité absolue entre les nationaux
des deux pays. Nous croyons fermement qu’elle doit
faire cette mauvaise affaire, qui ne l’est au surplus
qu’en apparence. » La crainte d’une « mauvaise
affaire » est en effet l’un des arguments le plus fréquemment
 invoqués chez nous contre l'unification de
la situation des travailleurs français et italiens.
Le principe de l’assimilation complète du travailleur
étranger au travailleur national, qui fut soutenu avant
la guerre dans plusieurs congrès internationaux,
notamment celui tenu en 1910 à Copenhague à propos
 de l’assistance publique et privée, heurte de front