LA MAIN-D'ŒUVRE ITALIENNE EN FRANCE 59
des traditions fort anciennes. La réciprocité est l’une
des idées fondamentales de nos accords, soit en matière
 politique, soit en matière sociale, avec les puissances
 étrangères. M. Lairolle dit bien que, « quand
il s’agit notamment de l’Italie et de la France, il est
inutile, presque inconvenant, de se livrer à des
comptes de doit et avoir », les raisons de cette opinion
apparaissent beaucoup plus sentimentales que pratiques.
 On persiste à croire en Franee que, même
entre alliés, il ne faut donner que dans la mesure où
l’on reçoit, et que les comptes les plus justes cimentent
 le plus solidement les amitiés. Or, comme il n’y
a en Italie qu’un nombre infime, 6 ou 7.000,'de travailleurs
 français, on ne voit pas exactement le profit
que nous pourrions retirer de l’assimilation que décideraient
 les Italiens de nos nationaux à leurs propres
nationaux. L'égalité de traitement servirait grandement
 les intérêts des travailleurs italiens, elle ne servirait
 en rien les intérêts de nos travailleurs, puisqu’ils
 n’émigrent pas en Îtalie.
On a beau dire qu’ « il ne convient pas de supputer
les sacrifices à faire de part et d’autre pour établir
entre les deux budgets français et italien une sorte
d’égalité dans les dépenses », force est cependant de
reconnaître que l'application aux travailleurs italiens
de nos lois d'assistance et de prévoyance sociale
constituerait pour le budget français une charge très
lourde. Certains répondent que, dans l’état où seront
nos finances après la guerre, peu importera que le
budget du Ministère du Travail comporte en dépenses