50 LA MAIN-D’OUVRE ITALIENNE EN FRANCE
quelques millions de plus. Raisonnement un peu
simpliste, qui ouvre la porte à toutes les prodigalités.
Aussi, M. Lairolle a-t-il proposé un système nouveau
d’après lequel l'Italie devrait supporter une part des
dépenses que ses travailleurs nous occasionneraient.
« Un ouvrier étranger, écrivait M. Lairolle dans
le Matin du 6 décembre 1915, travaillant dans un
pays est pour ce pays un capital. Il produit, il consomme,
 il contribue à la richesse de la nation qui lui
donne l'hospitalité, d’où pour elle l’obligation de
contribuer dans une juste mesure à son assistance et à
son assurance. Le pays d’origine ne saurait davantage
 s’en désintéresser. C’est chez lui que le travailleur
 étranger ira souvent finir ses jours, profitant
du pécule acquis. C’est à lui qu’il enverra ses économies.
 Il doit donc contribuer aux dépenses d’assistance
 et de prévoyance qui auront été faites dans
notre pays. Dans quelle proportion? C’est à fixer.
Pestime qu’elle doit être plus forte dans le pays d’habitation
 que dans celui d’origine... » Et M. Lairolle
de proposer qu’un compte des dépenses des lois d'assistance
 et de prévoyance des travailleurs étrangers
« à répartir entre les deux nations dans une juste
mesure » soit établi et échangé annuellement.
L'idée, fort séduisante, n’est cependant pas d’une
réalisation aisée, car, là encore, le principe d’où elle
découle n’est pas unanimement admis. On croit assez
souvent en France que, si le travailleur étranger est
une source de richesse pour le pays qui l’emploie, il
en est une surtout pour le pays d’où il vient. On rap-