LA MAIN-D'OŒUVRE ITALIENNE EN FRANCE 61
pelle que les rimessi annuels des émigrants sont une
ressource dont le budget italien — l’expérience depuis
la guerre le prouve — ne se passe que difficilement.
L’ouvrier italien travaille en France contre un salaire
dont la majeure partie est destinée à relourner en
Italie. Son activité nous sert, nous la rémunérons :
que nous demander de plus, alors que, consommant
en réalité fort peu, il ne fait pas bénéficier notre patrimoine
 national de son gain? Si le compte réclamé
par M. Lairolle s’établissait, il faudrait que la majeure
partie des dépenses, provenant de l’application des
lois françaises aux Italiens, fût supportée par l'Italie.
On ajoute qu’à supposer même que les travailleurs
italiens émigrés en France contribuent plus à le fortune
 française qu’à celle de leur propre pays, il ne
serait nullement indispensable de leur assurer par
nous-mêmes les multiples avantages pécuniaires qu’ils
réclament. Car si l’Italie, par leur entremise, nous
apporte des forces qui concourent au développement
de notre production industrielle, par contre, et en
échange, nous apportons à l’Îtalie chaque année, par
l'entremise de nos innombrables touristes, des sommes
qui concourent grandement à l’équilibre de ses budgets.
 L’Htatie nous donne de la main-d'œuvre, nos
touristes lui versent notre or. La balance est dès
maintenant exacte, et elle serait faussée, à notre détriment,
 si au prix de la main-d'œuvre nous ajoutions
le bénéfice de toute notre législation sociale.
Pour une raison de principe, en même temps que
pour une raison purement matérielle, la majorité de