62 LA MAIN-D’OEUVRE ITALIENNE EN FRANCE
l’opinion française ne paraît donc pas, dès à présent,
disposée à accepter l’idée de l'assimilation absolue de
l’étranger au national. Elle croit plus juste celle de
la réciprocité, en vertu de laquelle un pays n’accorde
un avantage à un autre pays que si ce dernier lui assure
lui-même cet avantage, ou un autre exactement équivalent.
 Mais, même dans le cas où les Italiens abandonneraient
 la conception de l’égalité pour s’en tenir
à celle de la réciprocité, il n’apparaît pas qu'elle soit à
l’heure actuelle disposée à des arrangements sensiblement
 plus étendus que ceux déjà existants. Et les
raisons émises sont de deux sortes.
La première, c’est qu'on ne croit pas en France
que la législation italienne, sur les retraites ouvrières
notamment, du fait même qu’elle n’impose pas une
obligation, mais laisse une faculté, assure des avantages
 équivalents à ceux assurés par notre législation.
On continue de croire qu’il y a entre les deux législations
 des différences trop profondes pour qu’actuellement
 on puisse baser une entente sur l’idée de la
réciprocité de traitement*.
Mais à supposer même que toutes les lois sociales
italiennes correspondent exactement aux nôtres, on
invoque, pour ne pas signer immédiatement avec
l’Italie des conventions nouvelles, une raison d’opportunité.
 On prétend, à raison même de ce fait qu’il n’y
a pas d’ouvriers francais en Italie, que ces conven-1.

 Il faut noter cependant qu’un revirement assez significatif se
produit en ce moment : certains estiment que les ouvriers italiens
devraient bénéficier au moins des contributions patronales.