LA MAIN-D'ŒUVRE ITALIENNE EN FRANCE 63
tions n’auraient pour nous aucune utilité. Une fois
de plus, on revient à cette même idée qu’en fait elles
joueraient seulement en faveur de l'Italie et que, dans
ces conditions, pour les obtenir de nous, l’Italie aurait
à nous assurer, au besoin dans d’autres domaines,
de nature politique ou économique, un certain nombre
d'avantages spéciaux.
Telles sont quelques-unes des objections françaises
aux idées formulées en Italie à propos de l’application
 aux émigrés de nos lois d’assistance et de prévoyance.
 L'application intégrale de nos lois sur les
associations ouvrières ne rencontre pas moins d’hostilité.
 Pour ne prendre, entre beaucoup d’autres,
qu’une question, l’admission des ouvriers étrangers
dans les comités de direction des syndicats, on craint
de donner à des étrangers — même appartenant à
une puissance alliée — des droits trop étendus dans
l’organisation de notre travail national. Les syndicats
 sont des organismes extrêmement puissants,
dont le domaine d’action est fort étendu ; ils ont une
influence politique incontestable et il pourrait, à certains
 points de vue, être dangereux que cette
influence politique soit exercée par d’autres que par
des nationaux'. Mème dans le seul domaine écono-4.

 Notons qu'à ce point de vue encore un courant nouveau apparait
 dans l'opinion. Certains estiment d'une part que les Italiens
devraient pouvoir faire partie des conseils d'administration des
sociétés de secours mutuels françaises, sous certaines conditions
{proportion à fixer entre les membres français et étrangers de ces
conseils), d'autre part que des avantages d'ordre fiscal (mais non
d'ordre politique) pourraient être reconnus aux sociétes constituées
entre italiens.