64 LA MAIN-D'OEUVRE ITALIENNE EN FRANCE
mique et social, c’est aux nationaux, et non aux
étrangers, qu’il peut appartenir de faire entendre des
revendications. Certains Italiens le comprennent si
bien qu’ils demandent, pour aplanir les difficultés, la
constitution d'une nationalité franco-italienne. Mais
cette idée, toute sentimentale, n’a guère de chances,
d’ici longtemps du moins, de recevoir une expression
concrète. Français et Italiens ont de nombreuses raisons
 de s’entendre, mais ils n’en ont guère de songer
à une fusion, même limitée, dont les inconvénients
seraient, tout compte fait, certainement plus nombreux
que les avantages.
L’idée émise par les Ftaliens de faire contrôler le
travail de leurs émigrés par leurs consuls ou des
fonctionnaires du service de PÉmigration a été fort
mal accueillie chez nous. Elle a fait l’objet de nombreux
 articles dans la presse des deux pays. Gependant
 on commence à s’apercevoir en France qu’à ce
point de vue l'entente devrait être beaucoup moins
difficile qu’on ne le supposait d’abord, et que les diffieultés
 tiennent surtout à des malentendus qu’il serait
pourtant assez simple de dissiper. On se rend compte,
d’une part, que les prétentions italiennes ne sont pas
nées dutout de la guerre, mais qu’elles lui étaient
de beaucoup antérieures; puisque la clause concernant
 l’intervention éventuelle des fonctionnaires du
gouvernement royal était depuis fort longtemps inscrite
 dans des contrats acceptés par les industriels
français ; on se rend compte, d’autre’ part, que ces
prétentions, si elles étaient acceptées, n’auraient