LA MAIN-D'ŒUVRE ITALIENNE EN FRANCE 67
d'opinion très net qui se manifeste à ce sujet des
deux côtés des Alpes, et qu’à l’avenir aucun employeur
ne pourra plus donner à un ouvrier étranger un
salaire moindre que celui alloué à un ouvrier français*.
En vain objecterait-on que le législateur n’a pas à
intervenir dans les conditions du travail, toutes les
fois qu’on ne met en jeu ni l’hygiène, ni la sécurité
 des travailleurs. Il n’est pas douteux, en effet, que
l'égalité dans le salaire entre ouvriers français et
étrangers n'ait pour conséquence directe la protection
de notre travail national. Cette mesure, strictement
conforme à nos intérêts, ne servira pas moins les
intérêts italiens. Elle pourra avoir enfin d’heureux
effets sur les rapports réciproques des travailleurs
des deux pays, et contribuer à améliorer un état d’esprit
 où la jalousie et la suspicion étaient trop souvent
entretenues par les manœuvres les moins avouables.

1. Ajoutons que certaines demandes italiennes concernant le translert
 des dépôts d'épargne sembient également susceptibles de recevoir
 satisfaction de notre part.