70 LA MAIN-D’ŒUVRE ITALIENNE EN FRANCE
directeurs les plus sincères et les plus sérieux sont
d'avis que l’uniformité des conditions dans lesquelles
on place l'ouvrier est l’unique garantie d’une existence
digne et sûre. Sinon, qu’arrive-t-il ? Que l’ouvrier qui
est puni dans une mine s’en va, et trouve immédiatement
 du travail dans la mine à côté. Pour ne pas le
perdre, on ne le punit pas, et le désordre s’implante… »
Pour qu’après la guerre l’émigration italienne ne
soit pas une cause de désordre dans les endroits où
elle se portera, il serait indispensable que patrons et
ouvriers français, chacun en ce qui le concerne, améliorent
 les conditions morales et matérielles des travailleurs
 étrangers. Siles patrons s’entendent sur une
réglementation unique, établissant une discipline
rigoureuse et salutaire, si de leur côté les ouvriers
accueillent les émigrés non comme des rivaux, mais
comme des compagnons, s’associant à leur tâche, la
France et l'Italie trouveront, dans les enlenles qu’elles
auront pu conclure, des avantages égaux, et une
collaboration fraternelle s’établira dans un domaine
où s'était jusqu’ici implanté un antagonisme haineux,
dont les conséquences se firent parfois sentir jusque
sur les relations politiques des deux gouvernements.
« Cette transformation de l'esprit publie des Français
 vis-à-vis de l’Italie et de ses travailleurs », selon
le mot de M. Angiolo Cabrini, quelque heureux
résultat qu’on en puisse attendre, ne suffirait pas à
elle seule pour mettre en complet accord les intérêts
de la main-d'œuvre italienne et du travail français.
À supposer même qu’aucune des revendications ita-