LA MAIN-D'OŒUVRE ITALIENNE EN FRANCE 7
llennes ne puisse recevoir de notre part satisfaction,
il serait cependant nécessaire, et d’un égal intérêt
pour la France et l’Italie, que le recrutement de la
main-d’œuvre, et de la main-d’œuvre italienne en
particulier, ne demeurât pas inorganisé, dépourvu de
tout statut, livré tout entier à l’arbitraire et régi seulement
 par les besoins ou les fantaisies des industriels
 ou des agriculteurs. Actuellement, nous l'avons
montré déjà, l’ouvrier italien, ou bien est engagé en
Italie même par des agents recruteurs, — qui ne peuvent
 opérer qu’avec l’assentiment du Commissariat
de l’Émigration, mais sur lesquels les pouvoirs
publics français n'out aucune action ni directe, ni
indirecte, — ou bien se rend de lui-même dans un des
centres industriels de notre pays et y cherche du travail.
 Cette liberté totale dans le recrutement et le
placement de la main-d'œuvre étrangère a, depuis
longtemps, paru, dans de nombreux milieux, tout à
fait excessive et dangereuse, et depuis longtemps on
a demandé qu'on concentrât dans un service unique
et qu’on réglementât l'immigration, comme au surplus
l’ont fait plusieurs pays d’outre-mer, le Brésil, l'Uruguay,
 l’Argentine, qui ont un service public d'immigration,
 dont les consuls à l’étranger sont les agents.
et qui comporte des bureaux officiels dans diverses
capitales. Mais l’idée ne fut pas réalisée, sauf pour la
main-d’œuvre agricole. En 1910, furent créés à Paris
le Syndicat français de la main-d'œuvre agricole et le
syndicat mutuel français des agriculteurs et industriels
 agricoles; en 1912, la Société nationale de