LA MAIN-D'ŒUVRE ITALIENNE EN FRANCE 75
rables ; il devra exercer un contrôle sur le placement,
et cela dans l'intérêt des ouvriers comme des patrons.
En un mot, il devra diriger et canaliser les initiatives
privées, coordonner et contrôler les efforts.
L'Office de la main-d’œuvre étrangère à qui incomberait
 ce rôle important pourrait être constitué, ainsi
que le suggère M. Landry dans l'article 2 de sa proposition,
 auprès du Ministère du Travail, et être dirigé
par un conseil de 24 membres, dont 15 représenteraient
 les diverses Administrations intéressées (Travail,
 Commerce et Industrie, Agriculture, Travaux
publics, ete…) et 9 les intérêts industriels et commerciaux,
 agricoles et ouvriers. M. Jouhaux, secrétaire
général de la Confédération du travail française, a
défendu la même idée daus plusieurs articles, et
notamment dans l’article déjà cité, publié par le Bo/-lettino
 dell’ Ufficio interprovinciale di Emigrazione,
et dans une éonversation qu’il eut, en octobre dernier,
 avec M. Arnaldo Agnelli, député de Milan, conversation
 qui a été reproduite par le Trait d'Union
franco-italien. « Le recrutement des ouvriers étrangers,
 écrit M. Jouhaux, ne devrait être autorisé que
sur le vu de contrats précis, spécifiant nettement les
salaires et les conditions de travail, et assurant toutes
les garanties nécessaires (bénéfice des lois sociales
françaises et des lois sur les associations ouvrières
notamment).
« Ces contrats seraient soumis au contrôle d’une
Commission supérieure qui examinerait s’ils sont en
tous points conformes aux conditions édictées.