LA MAIN D'ŒUVRE ITALIENNE EN FRANCE 79
tiné à lui être soumis. M. Tittoni, alors ambassadeur
à Paris, entama dans le courant de 1916 diverses
négociations avec notre Ministère du Travail, qui
n’aboutirent pas à un résultat précis, mais permirent
 cependant à l'Ambassadeur d’adresser à son
gouvernement un projet de traité. Ce projet fut
examiné et amendé par l’Ufficio dell’ Lavoro italien,
qui fonctionne au Ministère du Commerce et de l’Industrie,
 puis par le Commissariat de l’Émigration. Le
20 mai dernier, le Conseil supérieur de l’Émigration
se réunit à Rome sous la présidence de M. le sénateur
Luigi Bodio, et confia à une sous-commission, composée
 de MM. Pantano et Cabrini, députés, De Michelis,
 commissaire de l’Émigration, Ricci Busatti, ministre
 plénipotentiaire, jurisconsulte du Ministère des
Affaires étrangères, et Falcioni, le soin de rédiger un
texte définitif*. De son côté, le gouvernement français
a fait demander au gouvernement de Rome de lui
indiquer les principes généraux qu’il désirerait voir
reconnaître, ces principes devant faire l’objet d’une
étude approfondie avant qu’il soit possible de songer
à leur application à des cas concrets. Beaucoup d'Italiens,
 et notamment M. Cabrini, ont interprété — à
tort du reste — l'attitude de notre gouvernement
comme un ajournement des pourparlers à engager :
ils se sont même élevés avec quelque vivacité contre
cet ajournement, et exprimé nettement le regret que
nous semblions vouloir remettre à plus tard la con-1.

 Ce texte a été établi, et a reçu l’approbation du Conseil supérieur
 de l'Emigration.