LA MAIN-D'ŒUVRE ITALIENNE EN FRANCE 83
lieu de faire aux Alliés, aux neutres ou aux ennemis
résidant hors de leurs territoires nationaux.
Le problème de la main-d'œuvre est si bien un
problème interallié et non un problème franco-italien
que l'Italie, on ne doit pas l’oublier, est fort loin de
pouvoir nous fournir toute la main-d’œuvre dont
nous aurons besoin. On ne peut oublier, en. effet, que
la main-d'œuvre dont les Italiens peuvent disposer à
notre profit est, et scra, presque exclusivement de la
main-d'œuvre industrielle. Si dans notre Midi méditerranéen
 nous avons un assez grand nombre de travailleurs
 agricoles italiens, il est hors de doute que
cette situation est plutôt exceptionnelle, et que l’Italie
ne nous enverra guère, demain comme hier, que des
ouvriers pour nos usines. Pourrait-elle nous ‘envoyer
des travailleurs agricoles qu’il semble bien qu’elle ne
le voudrait pas, car l'opinion générale au delà des
Alpes est qu’après la guerre il faudra développer plus
encore le rendement du sol que celui des industries.
Il est done bien certain que pour les travaux de la
terre nous resterons tributaires de nations autres que
l'Italie, de la Belgique notamment*, et on se demande
dans ces conditions comment il serait possible de
conclure avec l'Italie un traité de travail portant sur
la main-d’œuvre industrielle, sans conclure en même
temps un autre traité. avec la Belgique notamment,

1,. Ajoutons que, même pour les travaux industriels, la maind'œuvre
 italienne n’est pas la scule à laquelle nous puissions recourir.
La: main-d'œuvre cspagnole, la main-d'œuvre portugaise, la maind'œuvre
 grecque, la main-d'œuvre chinoise notamment, peuvent
incontestablement rendre d’assez nombreux services.