LA MAIN-D'ŒUVRE ITALIENNE EN FRANCE 85
Comment admettre qu’avant que ceux-ci et ceux-là
ne forment deux blocs distincts, des pourparlers ne
s'engagent pas, et que les Alliés, tous les Alliés d’aujourd’hui,
 ne discutent pas ensemble, entre Alliés et
non pas en adversaires, comme il arriverait si les
deux syndicats prévus se constituaient, les conditions
dans lesquelles les, uns pourront donner, les autres
recevoir, de la main-d'œuvre ?
« Nous croyons, écrit M. Agnelli dans l'article du
Trait d'Union déjà cité, que c’est le devoir d’un gouvernement
 prévoyant d’étudier à l’avance les dispositions
 par lesquelles pourra, avec sécurité et dignité,
s’exercer le libre choix de l’émigrant, et que cette
mission est déjà assez complexe et délicate pour
requérir dès maintenant un travail attentif et assidu
de préparation. » Rien de plus juste, et à ce point de
vue l’opinion française est unanime. Mais elle souhaite
 — ou, plus exactement, certains souhaitent —
qu’on comprenne en Italie que le travail qui doit se
faire en ce moment ne peut et ne doit être qu’un
travail de préparation, et pourquoi il convient de
remettre à plus tard la conclusion définitive d’un
accord. qui ne devra pas seulement porter sur les
questions de travail, et au bas duquel devront être
apposées, non les seules signatures de la France et de
l'Italie, mais encore celles des autres puissances aujourd’hui
 alliées contre le bloc austro-allemand *.

1. Rappelons ce que nous avons déjà dit plus baut, page S0,
note 1. L'opinion indiquée ici n'est pas générale. Certains estiment
au contraire qu'il convient de traiter de suite avec l'Italie sur certaines
 questions précises.