Nul doute que, dans cette entente interalliée sur
la double question de la main-d’œuvre et du régime
des étrangers, les points de vue français et italien ne
puissent finalement s’accorder. Les conciliations
nécessaires s'opéreront si, à Paris comme à Rome,
on sait s’inspirer d’un esprit de modération et d'équité,
si surtout on s’explique avec franchise, et si on essale
de comprendre, pour pouvoir ensuite les associer, en
face de ses propres intérêts ceux d'autrui. Sans doute
la communauté de sang ef de race qui existe entre
la France et l'Italie facilitera dans l’avenir, comme
elle les a déjà facilités dans le passé, comme elle les
a facilités depuis la guerre, les échanges de vue nécessaires.
 Mais on aurait tort de croire que c'est uniquement
 parce qu’elles sont sœurs que les deux nations
voisines pourront s’entendre sur les questions qui
leur sont communes. On a jusqu'ici beaucoup trop
fondé l’alliance franco-italienne sur des questions de
sentiment. La politique utilitaire, qu’on le veuille ou
non, sera celle de l’Europe nouvelle qui se crée en
ce moment. L'éntente de la France et de J’Italie ne
sera profonde et durable que lorsque les deux pays