[9 des minorités, loin d’attenter à leur sûreté, leur apporterait la puissance et la prospérité. | Mentionnons par mémoire, que vers la même époque, quelque chose d’analogue se passait en Russie et en Pologne, en ce qui concerne la lutte des nationalités, pour en conclure que ce qui est arrivé en Russie a été la chute sur le plan incliré d’une opposition systématique contre les minorités nationales. Apres 1919, les nationalités deviennent plus sages; elles restreignent leurs réclamations, présentées comme droits des minorités ; après la guerre mondiale, devenues plus pratiques, elles se contentent de ce qui, dans l’état actuel de la civilisation, est réalisable, Elles ne vont plus jusqu’à réclamer la séparation territoriale; elles se contentent, avec une v olont réfléchie et tenace, de réclamer une vie culturelle commune avec l’ensemble de leurs conationaux, dans et malgré les frontières politiques qu’elles acceptent. 1 Les nationalités ne courent plus après des chimères; l’idée de devenir une nation ne les tente plus. Elles se sont persuadées que même si elles réussissaient, par un nouvel émiettement, à créer de tout petits Etats, cela ne ferait pas leur bonheur, au contraire, cela pourrait leur apporter moins de sécurité et beaucoup de soucis, Tout ce qu’elles réclament, tout en restant des sujets fidèles de l'Etat, c’est les droits minoritaires, Cette différence fondamentale sert à distinguer entre les anciens droits de nationalité et les droits modernes des minorités. Ceux-ci, si on veut, sont les drôits de nationalité, moins les prétentions territoriales,