43 La exerce sur le fer! Les réfugiés en Bulgarie n’ont pas perdu un instant l’espoir de revoir leurs foyers libres et d’y rentrer: c’est une hantise dont personne ne saurait les guérir. La situation en Macédoine devenait intolérable. Les Etats balkaniques eurent un moment de lucidité; ils aperçurent ce que la manie des Jeuns Turcs de turquiser la Macédoine leur réservait; et l’alliance balkanique fut signée le 19 février 1912. Le pivot de ce document historique était la reconnaissance par les Serbes et les Bulgares de la plus grande partie de la Macédoine comme pays bulgare. Toute la partie au delà du Char, Cossovo et Métohia étaient pays serbes, La région de Scopié restait litigieuse ‘entre les parties; c’était au suprême arbitre Nicolas II de Russie, qu’il appartenait en dernier lieu d’en décider, L'arrivée au pouvoir des Jeuns Turcs, resolus à mater les nationalités pour en faire un seul amalgame, de les turquiser dans un Etat uniforme, mit le comble et précipita les événements, Devant le danger commun, l'Alliance balkanique. réunit les petits Etats: Monténégro, Grèce, Serbie et Bulgarie dans une sainte croisade qui remporta des victoires décisives. Les alliés eurent partout des succès; les Bulgares, qui avaient la tâche la plus lourde, balayèrent en moins de 15 jours la force turque de l’Europe, dans des combats glorieux où l’armée turque en déroute ne s'arrêta qu’aux portes de Constantinople. La Turquie fut obligée de signer la paix de Londres (Mai 1913). C'était un succès que les chrétiens unis avaient remporté en peu de temps en un moment d’enthousiasme, que. l’Europe toute entière admirait, Mais le genie du mal veillait; l’envie et la haine accumulés pendant des siècles parmis les Balkaniques, les intrigues étrangères et le marque d’hommes politiques prévoyants, ont annibilé les résultats obtenus par les armées pour replonger de nouveau la péninsule dans le chaos. La victoire de l’armée bulgare fut complète et inattendue. Malheureusement l’alliance balkanique finit par un désastre lamentable; elle: sombra dans une guerre intéralliée, provoquée et préparée par une félonie. Tout le monde le sait et c’est la vérité-même. Mais quel est Ie felon qui commit ce crime, cette malédiction qui pèse de nos jours et pésera sur les Balkans pour longtemps encore? On a trouvé plus facile de rejeter la faute sur les Bulgares; les apparences et une campagne de presse bien dirigée et richement rémunérée ont contribué à propager la contrevérité que ce soni les Bulgares qui attaquèrent les premiers leurs alliés serbes pour dissoudre l’alliance. À 15 ans de distance, la vérité a éclaté toute autre; les faits ont été établis; la preuve a été fournie. Le vrai félon se trouve de l’autre côté. Dès le commencement de la guerre de 1912, les Serbes s’introduisent en Macédoine comme alliés des Bulgares, mais ils se comportent en vrais ennemis et conquérants. Tandis que l’armée bulgare s’extenue à retenir les Turcs à Tchataldja, Serbes et Grecs s’allient contre la Bulgarie et perpètrent une trahison odieuse pour lui ravir la Macédoine. Ils provoquent des incidents, des attaques formelles contre les détachements bulgares qui l’occupent et rendent leur défense inévitable. L’ar-