24 pas sû se l’attirer, pour ne pas indisposer ses amis et alliés les Grecs, les Serbes et les Roumains, elle fut amennée à se joindre à l’autre côté qui lui prommettait réparation complète de la honte de Bucarest. On connait l’issue désastreuse de cette troisième guerre pour la Bulgarie; l’armée bulgare a -dû, après la rupture du front de Dobro-Polé, sur le front macédonien, mettre bas les armes sous les forces réunies des Français, des Anglais, des Serbes et des Grecs, et se replier et conclure l’armistice de Salonique du 30 octobre 1919. De là, en compagnie de l’Allemagne, de l’Autriche-Hongrie et de ‘a Turquie, elle fut traînée à Paris où elle signait le traité de paix de Neuilly, le 19 septembre 1919, pour monter un nouveau calvaire. A la veille de la Conférence de Paris de 1919, la théorie des minorités était presque achevée; le temps avait marché et avec lui des idées nouvelles apportant une mentalité toute différente de celle d’avant-guerre et contribuant ainsi à la formation d’une idéologie nouveille sur ce problème si complexe. La notion des droits des minorités dérivait du principe des nationalités pour mener à l’autodisposition des peuples. Le terrain était déblayé et le problème des droits des minorités prêt à recevoir une solution juste et équitable garantissant la paix de l’Europe; la cause des nationalités semblait gagnée, tellement elle était juste, au dire des gouvernants, des deux côtés du front. Des chefs résponsables avaient pris eux-mêmes la parole, déclarant que les minorités n'avaient pas de meilleurs défenseurs, et que leurs revendications trouveraient une juste sanction, au moment de la signature des traités de paix. En 1915 et 1916, à Paris et à Lausanne, la conférence des nationalités du côté des alliés avait réclamé l’autonomie des minorités, gafantie par les traités de paix. L’internationale socialiste à Berne et à Amsterdam était tellement persuadée du gain de cause de ce principe qu’elle demandait que les minorités prisent part à la conférence de paix, comme personnes juridiques, sujets de droit international, a part égale avec les Etats belligérants. De toute part on proclamait à qui voulait entendre, qu'on ne se battait que pour assurer les droits des minorités et que c’était pour cela seulement que cette guerre — la dernière des guerres — s’allongeait si longtemps. Le président Wilson dans ses célèbres 14 points, spécialement pour les Balkans, notait: Le sort des peuples balkaniques doit être réglé conformément aux droits historiques, la vie commune et le principe de la nationalité. L'indépendance politique et économique des peuples balkaniques doit être garantie par la voie internationale.“ Disons tout de suite à l'honneur des Etats-Unis, que son président, idéaliste impénitent, voyait juste. C’est un programme qui a été ardemment défendu'devant la conférence ; la délégation américaine a soutenu le projet proposant la révision du statut des Balkans, d’après le principe national et la création d’une Macédoine indépendante, la Dobroudja