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        <title>Les droits des minorités bulgares et la Société des Nations</title>
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      <div>munautés religieuses, des corps autonomes reconnus par le pouvoir
public, jouissent des droits de self-gouvernement, plus larges que les
droits des minorités de nos jours.
Enfin, au commencement du XIX-me siècle la liberté de conscieñce
est conquise de haute lutte à Paris ainsi qu’à Washington ; les droits
des nationalités sont proclamés et répandus dans toute l’Europe par les
armées françaises de la Convention et de Napoléon Ier. Après l’idée religieuse,
 aucune autre idée n'a eu une influence si décisive sur les destinées
 du monde, que l’idée de nationalité.
L'Europe fut ébranlée dans ses fondements, les trônes chancelèrent
et les rois et empereurs s’allièrent contre l'ennemi commun ; Waterloo
les sauva. Vainqueurs, ils écartèrent un danger imminent, mais ne féussirent
 pas à éliminer les idées nouvelles. Le principe des droits des nationalités
 coutinue sa marche triomphale pendant tout le XIX-me siècle,
appelé le siècle des nationalités. C’est à la révolution française que
revien! l’honneur d’avoir proclamé la liberté de conscience. Le dogme
en matière religieuse ou scientifique est aboli; le délit d'opinion n’existe
plus. L'homme ne peut plus être poursuivi pour ses convictions, il est
devenu maître de son âme. Sa liberté individuelle ainsi que la liberté
nationale sont conquises.
Vers la fin du siècle passé, la doctrine des nationalités est bien
définie. Les acceptions de nation, de nationalité, tendent à devenir des
termes scientifiques, avec un sens bien déterminé. Quand même, aujourd’
hui encore ces termes presque généralement admis, sont souvent confondus.
 Pour faciliter la compréhension d’un sujet complexe, nous allons
 nous tenir à des termes plus précis. Un ,peuple“ est un groupement
 d'hommes de la même race réunis par des liens culturels, religieux,
 linguistiques, historiques, qui le distinguent des autres peuples.
Une nationalité, c’est un peuple ayant la volonté de vivre une vie
commune et de s'organiser politiquement; une naiton c’est une nationalité
 politiquement organisée sur un territoire formant un Etat. Nous
tâcherons de nous en tenir à ces termes,
Pour définir ce qui constitue une nation, on avait présenté plusieurs
 critériums, la race en première ligne, Cette théorie n’a pas eu
grand succès : il n’y a pas de race pure. Les plus grandes nations se
sont formées par le croisement et le mélange de races Pourtant, la race
entre comme élément caractéristique de la nationalité sans être exclusive.
 La définition qu'en a donnée E. Renan, esprit subtil et lumineux,
teste encore une des mieux réussies. Elle est très connue pour qu’il
soit nécessaire de la rappeler. Avec les traités de 1919, les termes de
minorités nationales ont gagné le droit de cité dans le langage courant.
C’est un nouveau mot popularisé qui désigne une chose ancienne; c’est
une nationalité sous la souveraineté d’un Etat, où domine une nationalité
 différente.
Le lien constitutif de la nationalité, c’est avant tout la volonté de
mener une vie culturelle commune pour le plus grand bien de tous
ceux qui ont la même mentalité, les mêmes règles morales et la même
conception sur la vie et qui forment une entité nationale à part. L'’ap-</div>
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