CHAPITRE PREMIER

DPINION D'UN CHIMISTE-COLORISTE SUR LE MONOPOLE ALLEMAND
DES MATIÈRES COLORANTES ET LA POSSIBILITÉ DE REPRENDRE
CETTE FABRICATION EN FRANCE.

Octobre 1815

Jusqu'au milieu du siècle dernier, les matières colorantes
étaient fournies par les règnes végétal, animal et quelquefois
minéral. Les teinturiers praticiens gardaient jalousement leurs
secrets et toules leurs manipulations se basaient sur des expériences
 personnelles et non sur une théorie raisonnée ; aussi les
procédés employés dans la teinture ne firent-ils, pendant longtemps,
 que peu de progrès.
Enfin, sous le règne de Louis XIV, Colbert encouragea l’art de
la teinture, comme tous les autres du reste. Il créa divers prix
spéciaux pour récompenser les recherches scientifiques se ratla -
chant à l’industrie tincloriale ct suscita ainsi l'intérêt des chimistes.

Les premiers eflets ne lardèrent pas à se faire sentir. En 1734,
Hellot fit paraître le premier ouvrage scientifique sur la question
intitulé : L'art de la teinture en laines.
Ensuite Dufay, en 1737, écrivit un Traité sur la teinture et
ane intéressante étude : Observations physiques sur les mélanges
des couleurs dans la teinture. En 1776, le Pileur d’Apligny publia :