OPINION D'UN CHIMISTE-COLORISTE, ETC.
comme un résidu sans valeur, et personne ne se doutait des richesses
 qu’il contenait.
Cependant, depuis 1840, la nitrobenzine découverte par Mitcherlich,
 avait déjà été employée industriellement par la maison
 Laroque et Collas, qui la vendait sous le nom d’essence de
Mirbane pour remplacer l'essence d’amandes amères, dont le
prix d’achat était de beaucoup supérieur.
En 1856, M. H. Perkin, assistant d’Hoffmann au Royal Collège
of Chemistry de Londres, découvrit un colorant violet « La
mauvéine » par l’oxydation de l’aniline brute.
Le chimiste Verguin trouva en 1859 « La Fuchsine » et l'employa
 chez Renard frères et Frank, teinturiers à Lyon ; ensuite
ce colorant devint la propriété de la Société « La Fuchsine »,
créée au capital de 4 millions de francs. (On le vendait à cette
époque 1.500 francs le kilo, actuellement il ne vaut que 6 à
7 francs.) La dite Société ne chercha pas à améliorer le
procédé et se contenta uniquement d’exploiter cette matière
colorante ; peu à peu la concurrence survint, et en l’obligeant à
baisser ses prix, délermina sa dissolution.
En 1861, les chimistes Girard et de Laire découvrirent les
premiers colorants Bleu el Violet, que Nicholson rendit ensuite
solubles par la sulfonation.
En 1862, parut le Vert solide à l'aldéhyde de Cherpin.
À partir de cette date, les découvertes se succédèrent rapidement
 : Laulh lance en 1866 son Violet de Paris, Vert Méthyl et
Bleu diphénylamine, Coupier en 1867 le bleu Coupier (employé
Avec succès pendant de longues années). Puis, Lighfoot
en 1868 découvrit à son tour le Noir d’aniline que Lauth, Prud'homme
 et Witz perfectionnérent.

Les chimistes français jusqu’en 1868 exploilèrent presque
toutes les nouvelles découvertes et donnèrent une heureuse impulsion
 à la prodigieuse industrie actuelle des matières colorantes
 artificielles. II existait alors en France plusieurs établissements,
 dont les principaux étaient :