OPINION D'UN CHIMISTE-COLORISTE, ETC. 23
confiée la direction, s'employèrent à les remettre en marche,
mais on ne tarda pas à s'apercevoir que ces usines ne pouvaient
pas fabriquer la plus grande partie des colorants, car elles recevaient
 leurs matières premières à demi-préparées ou des produits
 concentrés de leur maison-mère (ceci pour se soustraire aux
exigences de la Douane).
Dans le début, on se servilÿ des stocks importants que ces
maisons avaient en réserve, et maintenant on s’est organisé aussi
bien que possible pour satisfaire partiellement la clientèle.

Est-il admissible qu'un grand pays comme le nôtre continue
à rester sous le joug de l’industrie ‘allemande, et n’allons-nous
pas trouver dès maintenant les capitaux qui seraient nécessaires
pour nous affranchir et assurer notre indépendance économique
en nous ouvrant toutes grandes les portes de l’exploitation si lucrative
 des matières colorantes ?
Cette question ne doit plus se poser. Mais que devons-nous
faire pour résoudre efficacement ce problème, difficile en apparence
 ?
Il nous faut d’abord remarquer que les Allemands considèrent
aujourd'hui nos usines du Nord et celles de Belgique comme
leur propriélé, et qu’ils ne se génent pas pour les visiter et tirer
parli de toutîce qu’ils y trouvent.
Pourquoi donc, dans ces conditions, hésitérions-nous à faire
la même chose vis-à-vis des succursales des maisons d’Outre-Rhin
 actuellement sous séquestre ? Cela permettrait à nos ingénieurs
 et chimistes d’éludier à fond l’organisation allemande des
usines de matières colorantes telles qu’ils les concevaient, d’examiner
 efficacement l'outillage des divers appareils, réfrigérants
en poterie, ete, etc… et de profiter ainsi des expériences acquises.
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Il importe avant tout de créer sans retard des écoles de
chimie et d'application avec des laboratoires modernes, afin de