24" VERS LA RENAISSANCE DES MATIÈRES COLORANTES

former de jeunes chimistes qui trouveront dans cette nouvelle
voie leur situation, tandis que d'autres grandiront encore par
leurs découvertes futures le renom de la science française.
Ce n’est qu’à ces conditions qu'en peut espérer voir un jour
les maisons françaises subvenir elles-mêmes aux besoins de la
nation. Si, an contraire, nous ne suivons pas cette ligne de conduite,
 il est certain qu’après la guerre nous retomberons dans les
grifles de nos voisins.
H faut à l'heure présente fonder une grande usine pouvant
suffire à la production des matières colorantes de la série des
dérivés : azoïques, thiobenzényliques, exyquinones, noir d’aniline
 et ses congénères, couleurs au soufre et colorants indizoïdes,
 etc, et dont le devis, présenté avec justification, prouvera
 d'autant mieux le brillant avenir de cette affaire, que les
bénéfices seront immédiats.
Dans ces nouveaux élablissements à créer, il conviendra d'éviter,
au début, les immixtions trop puissantes de consommateurs de
matières colorantes au sein même de la direction. Si paradoxal que
cela paraisse, une semblable façon de procéder aurait, en effet,
une répereussion des plus fâcheuses dans l’évolution d’une paveille
 entreprise.
Les quelques chimistes français que nous possédons, et qui
sS’occupent des recherches de fabrication et d'application pour
les matières colorantes, n'ayant plus besoin de passer par la période
 de tâtonnements toujours si coûteuse lorsqu'on s'engage
dans une nouvelle entreprise, pourront unir leurs efforts afin de
donner à cette affaire, si complexe, aussitôt la guerre finie, toute
l’envolée qui lui sera nécessaire.
Alors, dans la grande lutte économique qui va succéder aux
batailles de tranchées, l’apothéose de la science française éclafera
 aux yeux du monde et l’industrie allemande, descendue de
son piédestal ou réduite à de justes proportions, laissera la place
à ceux qui l'auront méritée.
Sans doute, on a fait beaucoup de bruit autour de cette ques-‘ion
 depuis le début des hostilités, mais tout s’est borné à des
discussions superficielles qui n’ont amené aucun résultat
sérieux.