30 VERS LA RENAISSANCE DES MATIÈRES COLORANTES
satisfaire à la consommation des matières colorantes exigée par
les besoins du Pays ?
Evidemment non. La preuve, la voici :
Si l'on examine la situation et si l'on remonte au début de la
Guerre, nous nous trouvons en face de Cinq succursales Allemandes
 élablies en France depuis plus de trente ans et d’une
sixième dont la création, quoique toule récente, promettait des
résultats cerlains.
Par contre, nous n'avons de notre côté, pour répondre à la
dite organisation, qu’une seule grande usine qui est restée slationnaire
 dans un champ d'action très limité.
Je viens de dire plus haut que son capital s’élait augmenté,
pendant ces derniers temps, de deux millions cinq cent mille
franes, mais que cela ne pourrait lui permettre de prendre
l’extension souhaitée. Encore une lois, j'affirme que la chose est
impossible.
Depuis 1909, selon le caleul des praticiens, la France a consommé
 annuellement pour trenle millions de francs environ de
matières colorantes (diles d'aniline),/sans compter pour quatre
millions d'indigo arlificiel, un million cinq cent mille francs
d’alizarine el trois millions d'huile et se! d’aniline.
Donc. en admettant que cette Société, après de nouveaux
agrandissements, arrive à tripler son chiffre d’affaires en couleur
d'aniiine, cela ne représenterail que 20 0 0 de la consommation
totale de la France.
De plus, comme celte maison ne veut ou ne peut, pour différentes
 raisons, fabriquer loules les matières colorantes en géné
ral, lechamp restera libre aux mains Allemandes, et sitôt la
Guerre finie, elles arriveront, par des moyens plus ou moins
tlireets. à introduire, comme autrefois, leurs colorants chez
nous.
Alors, nous devrons assister à ce spectacle lamentable: tels ou
tels chimistes Allemands de recherche ou de fabrication, qui
auront pendant la campagne 1914-1917, employé leur science à
imaginer des gaz suffocants et lacrymogènes ou encore à fabriquez
 des essences pourarroser de feu nos vaillants soldats, seront
les mêmes qui nous proposeront ensuite leurs colorants par l'in-