CHAPITRE III

_N MAi, A COMBATTRE

Mai 1916.

On parle depuis fort longtemps de la Renaissance économique
que les pays alliés veulent réaliser chez eux, aussitôt la guerre
finie.
On constitue des commissions, on distribue à tort et à travers
des brochures qui ont la prétention d’intéresser les compétences,
mais, par contre, on ne fait aucune innovation, et, en dépit des
leçons cruelles du passé, on s’obstine dans les mêmes fautes.
Quand donc envisagerons-nous cette grave question, à savoir :
que les organisations à venir devront être réglementées par des
statuts d’une précision fondamentale si énergique, que la concurrence
 allemande ne pourra s’y infiltrer quelle que soit la force
des moyens dont elle dispose.
Si paradoxale que la chose paraisse, le trafic de l’ennemi continue
 à s'effectuer dans l'ombre, derrière des façades françaises
et, grâce à notre aveugle étourderie, entrave toutes les tentatives
pour assurer le commerce futur de la France.
Tandis que les soldats, tout auréolés de gloire, défendent avec
tant d’héroïsme l'accès des frontières alliées, nous, à l'arrière,
nous ouvrons inconsciemment les portes de la Patrie aux intérêts
de l’envahisseur !