34 VERS LA RENAISSANCE DES MATIÈRES COLORANTES

Les séquestres, qui avaient pour mission exclusive de conserver
 les maisons allemandes, en viennent à se prêter, involontairement,
 à toutes les combinaisons auxquelles les industriels
d’Outre-Rhin se livrent par l'intermédiaire de leurs anciens subordonnés.

Cette façon d'agir facilitera, dans unelarge mesure, la réapparition
 de nos indésirables adversaires dès que la Paix sera conclue.
En un mot, nous ne faisons rien pour conjurer le*mal qui, depuis
quarante ans, nous ronge et s’enracine profondément dans les
2ntrailles de la Nation.
Au lieu de « tirer la couverture chaeun de son côté », au lieu
d’allumer notre courage au feu de nos croyances illusoires, nous
ferions mieux d'agir avec méthode et de ne reculer devant aucun
sacrifice, pour écraser le monopole ennemi de la fabrication des
matières colorantes.
Ceux que la question intéresse n'ignorent pas qu'au commencement
 des hostilités, le Gouvernement, sur la demande du Ministère
 de ia Guerre, a chargé l'Otfice des Produits Chimiques
et Pharmaceutiques, de diriger les maisons allemandes avec le
concours des séquestres, de continuer la production des matières
colorantes dont on manque totalement en France, et de procéder
à la vente des stocks accumulés dans ces maisons par leurs anciens
 propriétaires.
Or, les séquestres, bons citoyens sans doute, mais ne connaissant
 rien au métier, ont pris, à leur service, en qualité d'hommes
de confiance, les anciens représentants de ces succursales allemandes
 et se sont laissés guider par eux.
Matheureusement, certains de ces derniers, oubliant qu'ils
avaient le devoir de consacrer leurs efforts et leurs connaissances
à la cause de l’industrie française, et rien qu’à elle, ont continué
à travailler comme ils le faisaient avant, c'est-à-dire en ménageant
 les intérêts de ceux qui étaient autrefois leurs patrons.
De cetle façon, rien n'a. changé dans l'ordre de marche des
zhases!
Cette organisation qui nous fut présentée, au début, comme
éphémère et nécessitée par les besoins du moment, deviendrait
dangereuse si elle se prolongeait, car elle ne manquerait pas.