VERS LA RENAISSANCE DES MATIÈRES COLORANTES EN FRANCE 39
{l existait depuis neuf ans en Allemagne, deux groupes principaux
 établis chacun sur des bases indépendantes ménageant
les intérêts réciproques de l’un et de l’autre. C’étaient :
1° Farbwerke Meister Lucius et Brüning, à Hoechst s/M (succursale
 : La Compagnie Parisienne de couleurs d'aniline à Creil).
Capital : 54 millions de marks.
Léopold Cassella à Mainkur s M (succursale : Manufacture
lyonnaise de Matières colorantes, à Lyon). Capital: 30 millions.
Kalle à Biebrich (Usine exploitée en France par Meister. Lucius
 et Brüning). Capital : 6 millions.
2° Badische Anilin-Soda-Fabrik à Ludwigshafen (succursale
B. A. S. F. à Neuville-sur-Saône). Capital : 54 millions.
Fr. Bayer et C'e (succursale Bayer et C‘e, à Croix-Nord). Capital
 : 54 millions.
Actien-Gesellschaft fur Anilinfabrication à Berlin (suceursale
 : l’Actien-GesellschaftàSt-Fons (Rhône). Capital :20 millions.
Le but de ces deux groupes qui, à l’heure présente, se sont
réunis et viennent de s'adjoindre, en plus, la fabrique Weiler ter
Meer à Uerdingen, suceursale à Tourcoing (au eapital de
8 millions, soit un total de 225 millions de marks. Or, au cours
des actions cotées avant le 1“ août 1914, cela représentait près
d'un milliard de marks), est de centraliser tous leurs débouchés
réciproques et de partager les bénéfices entre eux, suivant des
proportions qui ont été définies d’un commun accord.
On va jusqu’à prétendre que cette puissante Association sc
prépare à lancer sur le marché mondial, au lendemain de |.
paix, un stock de matières colorantes dont la valeur atteindruit
de 350 à 400 millions de marks.
Il faut voir là une tentative d’écraser dans l’œuf nos projets
futurs. Mais, il n’y a pas lieu de s'en effrayer, si nous opposons
immédiatement à l’association allemande une autre association
qui sera la nôtre, et qui réunira tous les éléments utiles à l’essor
de l'Industrie Chimique nationale des matières colorantes.
Cer'es, le problème est complexe car l’industrie chimique,
plus que les autres, exige le groupement de toutes les intelligences
 et la coordination méthodique de leurs efforts de conception.
