10 VERS LA RENAISSANCE DES MATIÈRES COLORANTES

C’est afin d'atteindre ce but que vient de se fonder, à Paris, le
Syndicat National des Matières colorantes; l'idée est donc en
voie d’éclosion, mais des erreurs sont malheureusement à
craindre.
Des groupes ont surgi dernièrement et, pressentant de bonnes
affaires, se sont mis à la fabrication de différentes séries de matières
 colorantes ou spécialités ; or, la seule chose qui les préoccupe
 est de subvenir aux besoins immédiats, sans penser à
l'avenir.
C’est là l'erreur, attendu que ces diverses Sociétés, qui ne
pourront plus exister après la guerre, ne servent actuellement
qu’à entraver des conceptions nationales de haute envergure
ayant pour idéal de fonder une industrie éminemment grande et
forte et éviter, à tout prix, le retour de l'accaparement de notre
commerce tinctorial.
Telle est, du reste, l'idée de M, Denys Cochin, ministre d'Etat,
qui a émis tous ces vœux à Lyon, dans sa Conférence du 21 février
 1916. À la suite de cette Conférence, la Chambre de Commerce
 de Lyon s'est réunie sous la présidence de M. Coignel et,
appuyée par les Syndicats et personnalités intéressés, a décidé
de confier au capitaine Paul Jeancard, ingénieur des arts et
manufactures, la mission d’étudier l’organisation et les moyens
de réaliser la fabrication en grand des produits chimiques orgaviques
 et des matières colorantes.
En conséquence, ce dernier a pris en mains l'affaire et s'occupe
 de réunir toutes les bonnes volontés, afin de former un
groupe homogène de collaborateurs qui conduiraient celte industrie
 à ce qu’on se propose d’en faire : une industrie nationale.
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Aidé par les encouragements du Gouvernement qui a promis
de seconder les efforts accomplis, de créer de nouveaux tarifs de
douane, de solutionner la question de la Législation des bre
vets, ete, etc., M. Jeancard est entré en relations avec les Sociétés
 de Matières colorantes anglaises et italiennes, pour discuter
 les bases fondamentales d’une entente.