Le VERS LA RENAISSANCE DES MATIÈRES COLORANTES
Ces affaires furent étouffées dans l'œuf, car le trust germanique
leur opposa une baisse de prix si considérable que toutes concurrences
 devenant impossibles, les unes et les autres durent
renoncer à poursuivre leur fabrication.

Le commencement de la coalition des maisons allemandes
date de 1906. Mais il est cependant à noter qu'auparavant, elles
se faisaient une guerre commerciale acharnée. C’est ainsi que la
B. À. S. F. qui a lancé en 1896 l'indigo synthétique a été forcée,
en 1905, d’entrer en composition avec la Maison Meister Lucius
et Brüning pour l'exploitation de ce produit.
Par la suite, d’autres combinaisons surgirent et la plupart des
grosses maisons de matières colorantes allemandes se réunirent
finalement en deux grands groupements :
D’un côté : La Badische Anilin Soda Fabrik de Ludwigshafen
s/le Rhin, la maison Fr. Bayer d'Elberfeld, etl’ActiengesellschafËt
de Berlin.
D'un autre côté : la Farbwer Vorm. Meister Lucius et Brüning
de Hœchst-sur-le-Mein avec L. Cassella de Mainkur, et Kalle de
Biebrich-sur-le-Rhin.
Les choses en restèrent là jusqu’en 1915, époque à laquelle ces
deux groupes, devenus formidables, se joignirent à leur tour et
englobèrent dans leurassociation les maisons Chemische Fabrik
Elektron de Griesheim, Weiler ter Meer d’Uerdingen, etc.
Ceite adroite manœuvre eut pour résultat d'établir le trust sur
de nouvelles bases, plus solides, si bien que les actions. avant la
guerre, représentaient une valeur nominale de 225 millions de
francs, et que les usines employaient au moins cinquante mille
travailleurs.
On peut encore voir en elle une arme à la fois offensive et défensive
 dont il n’est pas douteux que les Allemands se servent
lors de la lutte commerciale « d’après guerre ». Leurs usiniers
espèrent ainsi pouvoir nous offrir leurs matières colorantes, produits
 chimiques et pharmaceutiques, etc., ete. sous le couvert
d’une seule administration, laquelle vendrait leurs marchandises