L’AURORE..-A



d’après un coefficient de bénéfices réparti entre eux, et qu’ils ont
dû nettement définir à l’avance.
De cette façon, les établissements d'outre-Rhin profiteraient
encore de la crise du Marché car, les stocks des pays alliés
étant depuis longtemps épuisés, les Allemands reprendraient
sans peine la place prépondérante qu’ils occupaient avant la
campagne.

Pendant les quinze premiers mois des hostilités, et pour des
raisons que j'ai longuement expliquées dans mes précédentes
brochures ou articles, on n’a tenté, en France, aucun effort libérateur
 en dépit des nécessités urgentes du pays.
Ona vu cependant que l'affaire avait pris une tournure encourageante
 grâce à l'intervention du ministère du Commerce qui
nomma M. Denys Cochin président d'une commission spéciale’;
 lequel fit un voyage à Lyon dont les conséquences furent
des plus satisfaisantes.
De son côté, M. M. Chatagnier, ingénieur-chimiste, joua lui
aussi un rôle très efficace : c’est lui, en effet, qui eut la bonne
fortune d’intéresser, à l’évolution de la fabrication des matières
colorantes, M. Paul Jeancard. jouissant dans le monde industriel
d’une réputation que juslifie pleinement son passé.
Ce fut le point de départ tant attendu.
Sous sa direction, une métamorphose rapide s'opéra et,
quelques semaines après, un projet vint à éclore. Aujourd'hui
passant à la pratique, ce projet va donner naissance à une grande
compagnie nationale des matières colorantes et produits chimiques.
 .
Toutes les branches de l'industrie tinctoriale n’auront, à
l'avenir, plus besoin de s'adresser aux chimistes d'outre-Rhin.
Ceux-ci doivent être mis à l'index du monde. Pendant cette affreuse
 guerre, ils ont, en effet, souillé la corporation en employant
leur savoir au mal ; en créant des explosifs asphyxiants ou incendiaires
 inventés pour semer la mort; en faisant usage de
procédés qui répugnent à la civilisation du xx° siècle et qu’on