46 VERS LA RENAISSANCE DES MATIÈRES COLORANTES
était en droit de considérer comme incompatible avec la fameuse
« kultur » allemande.
Il faut donc en finir avec leurs offres directes ou indirectes. Il
faut que les espérances de leurs anciens représentants naturalisés
 Français, neutres ou même Français, qui envisagent,
avant tout, les bénéfices futurs personnels de leurs opérations,
soient immédiatement réduits à l'impuissance,
Afin de recouvrer complètement notre entière indépendance,
les vœux qui viennent d’être émis par les différentes Chambres
de commerce sont d’une importance primordiale et doivent être,
non seulement écoutés, mais surtout exécutés sans retard.
H faut : ;
1° Former des chimistes compétents en grand nombre : et les
payer largement ;
2° Développer l'extraction et la distillation de la houille ;
3° Reformer la loi sur les brevets d’invention ;
4 Etablir des droits de douane sur les matières colorantes et
les produits intermédiaires.

Tout ceci, cependant, ne pourra aboutir à une conclusion pratique
 si nous n’employons, de suite, tous les moyens dont nous
pouvons disposer pour entraver la manœuvre des Allemands.
Ceux-ci ont accumulé, depuis 1914, des stocks de malières colorantes
 qui représentent, dit-on, une valeur de 300 à 400 miltions
 de francs. Sitôt la paix signée, ils ne manqueront pas d’user
de toutes sortes de subterluges pour écouler chez nous leurs
marchandises. Or, cela, il ne le faut à aucun prix.
Je ne doute pas que les nouvelles usines, jointes à celles que
nous possédons déjà en France, puissent, aussitôt la reprise des
affaires, fournir les colorants indispensables à toutes les industries.

Mais si vraiment, comme l'a dit l'Association nationale
d’expansion économique (circulaire du 6 juillet 1916), il y a des
fissures éphémères à tolérer dans la muraille commerciale que
nous voulons construire, nous ne devons voir là qu'une mesure