CHAPITRE VI

LA LIBÉRATION...

Novembre 1916.

Au moment de la déclaration de la Guerre, certains industriels
de la partie et des hommes d’affaires soucieux de leurs intérêts,
profitèrent du désarroi général pour acheter, à tous les détenteurs
 de matières colorantes dites « d'aniline » et à tous les pays
neutres qui nous environnent, des marchandises dont les premiers
 se servaient pour leur fabrication, tandis que les autres
espéraient en tirer de grands bénéfices.
Il n’est pas douteux que les personnes qui procédèrent ainsi
connaissaient, dans la perfection, tous les rouages du formidable
 monopole allemand des matières colorantes, et qu'elles
pressentaient la disette inévitable de ces produits. Cette disette
ne tarda pas à se manifester, du reste, non seulement chez nous,
mais dans le monde entier, et l’on s’aperçut en haut lieu que les
colorants nécessaires à la teinture des uniformes de nos soldats
allaient manquer à l’Intendance.
Afin de parer à cet inconvénient, le Gouvernement adjoignit
alors à l’Affice des Produits Chimiques et Pharmaceutiques, les
matières colorantes, et lui confia la direction des succursales
allemandes mises sous séquestres ainsi que la distribution proportionn-
 ile des marchandisesaux industriels, lesquels devaient