les indications du Gouvernement j’arrétai le mouvement des. échelons
 tchéco-slovaques et j’expliqual aux représentants de la Mission
Militaire Française et aux représentants du Conseil National tchécoslovaque
 qui se présentèrent à moi que l'arrêt temporaire du mouvement
 des échelons tchéco-slovaques n’était en aucun cas une
mesure hostile ‘à leur égard, mais une mesure exclusivement suscitée
 par la situation politique et stratégique nouvelle en Extrême
Orient. En même temps je proposai aux représentants du Conseil National,
 MM. Maxa et Tchermak, de suggérer aux Gouvernements anglais
 et francais de se déclarer officiellement prêts à recévoir les
tchéco-slovaques sur des bâtiments appartenant à eux dans les ports
d’Archangel et de Mourman. De mon côté, je m’engageai à faire transporter
 dans ces ports les tchéco-slovaques pour la date déterminée qui
serait établie à la suite des nouveaux pourparlers. MM. Maxa et Tchermak
 me promirent pour les jours suivants une déclaration officielle
 conforme des gouvernements intéresses d’Angleterre et de
France: néanmoins je ne reçus aucun avis, Sous forme d’échange
de vues privé avec Monsieur Lockhart, représentant anglais, j’indiquai
 &amp; ce dernier la nécessité pour les gouvernements anglais et frangals
 de prendre une décision ferme vis à vis des tchéco-slovaques,
car il était absolument impossible de maintenir des hommes dans
des wagons pendant plusieurs mois, surtout en été. Monsieur Lockhart
 ne put me donner aucune réponse, me disant seulement que la
question du tonnage était très ardue et qu’il-ne savait pas si le
Gouvernement anglais aurait la possibilité d’expédier le nombre
voulu de bateaux. De cette façon la question restait complètement
en suspens non point par la faute du Gouvernement des Soviets,
mais exclusivement par suite, d’une part, du débarquement japonais
à Vladivostok, d’autre part de l’absence de toute déclaration précise
des gouvernements d’Angleterre et de France.
Cette situation indéterminée et ces retards fâcheux furent utilisés
 par les éléments contre-révolutionnaires au sein même du corps
tchéco-slovaque et par leurs alliés de la bourgeoisie russe, ainsi que par
les officiers réactionnaires russes; ils firent tous leurs efforts pour
présenter sous un jour mensonger la situation et pour éveiller dans
les masses tchéco-slovaques le soupçon que le Pouvoir des Soviets
se préparait à livrer les échelons entre les mains des allemands. J'ai
déjà eu l’occasion dans une déclaration écrite de dire que c’étaient là
des bruits absurdes qui ne pouvaient être répandus que par des scélerats
et ne pouvaient étre crus que par des sots.
Ne recevant aucune réponse d’Angleterre ni de France, j’adressai
 par le camarade Aralov la proposition suivante aux tchécoslovaques:
 si la continuation de leur mouvement était impossible,
c’est-à-dire si l’Angleterre et la France n’envoyaient pas de bateaux
pour les enlever, ils auraient pleine faculté de rester en Russie
pour y occuper la situation qui conviendrait le mieux à leurs connaissances
 ou à leurs désirs, c’est-à-diré d’entrer dans l’armée rouge