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29 Juin, 1918.
Traduit du Russe.
A Monsieur Grenard, Consul Général de France à Moscou.
Le Journal ,,Nasche Slovo“ publie une conversation-avec certains
diplomates étrangers à Moscou, dans laquelle les conditions sont précisées,
 sous lesquelles selon l’avis de ces diplomates une intervention de
la France et de ses Alliés en Russie sera admissible. Le Commissariat
du Peuple pour les Affaires Atrangères sera reconnaissant au Consul
Général de France pour une reponse à la question de savoir si cette conversation
 doit être considerée comme rendant le véritable point de vue
du Gouvernement Français. Le Commissariat du Peuple est de l’opinion
que l’éclaircissement de cette question est d’autant plus nécessaire en
vue de la circonstance que la conversation citée plus haut ne précise
aucunement, si l’intervention projetée ne sera pas dirigée contre le Gouvernement
 Soviétiste Russe et ne portera pas le caractère d’une invasion
armée étrangère. Ces éclaircissements auront une importance particulière
 au moment actuel, où les détachements tchéco-slovaques, que les
représentants de la France et de ses alliés ont indiqué comme ‘étant sous
la protection des gouvernements alliés, continuent opiniâtrément leur
insurrection armée' contre le Gouvernement Soviétiste, remplacent partout
 où ils le peuvent les soviets par des autorités contre-révolutionnaires
et se livrent à des actes de violence de toute sorte contre les adhérents
actifs et les fonctionnaires des pouvoirs soviétistes, les représentants
de la France et de ses alliés n’ayant jusqu’à présent prononcé aucune
parole de condamnation à l’égard de ces actions de troupes-se trouvant
sous leur protection.
Le Commissariat du Peuple espère fermement, que le représentant
de la France répudiera toute communauté avec le plan d’une incursion
armée sur le territoire de la République Soviétiste Russe. Au nom des
relations d’amitié entre les Peuples de la Russie et de la France, sur la
conservation-inaltérable desquelles la Russie compte fermement, le Commissariat
 du Peuple pour les Affaires Etrangères attend avec confiance
de la part du représentant de la France une déclaration disant que son
Gouvernement n’est point d’accord avec des plans qui doivent forcément
 mener à ce que ces relations d’amitié soient troublées, d’autant plus
que l’absence d’une déclaration semblable sera interprêtée par le peuple
travailleur de la Russie dans le sens d’un accord tacite avec les desseins
dont parle la conversation citée plus haut.
Commissaire du Peuple pour les Affaires Etrangères
’ Tchitchérine.