Traduit du Russe.

14 Juin 1918.

4 Monsieur Grenard, Consul Général de France à Moscou.

Le Commissariat du Peuple aux Affaires Etrangéres se permet
Lattirer Votre attention sur le fait que le séjour de navires de guerre
1e Puissances belligérantes dans les ports de la République Russe, étant
Jonné la faculté qu’ils ont en tout temps de gagner là mer pour des buts
militaires, doit être reconnu par le Gouvernement russe comme inadmissible
 même au cas où pendant une période prolongée le séjour dans
les eaux russes d’un tel bâtiment ne comporterait aucune opération militaire.
 Le Commissariat du Peuple aux Affaires Etrangères exprime à
ze sujet l’espérance que le Gouvernement Français rappellera sans retard
 le bâtiment de guerre se trouvant dans l’Océan Glacial sur le rivage
russe.

Le Commissaire du Peuple aux Affaires Etrangères,

G. TCHITCHÉRINE.

Traduit du Russe.

A Monsieur Lockhard, Représentant Diplomatique de la Grande Bretagne.

Après que. la Russie fut sortie du nombre des puissances belligérantes,
 le Gouvernement Russe différa d’abord quelque peu l’énoncé
de sa demande d’éloignement des navires de guerre anglais se trouvant
dans les ports du Nord, car le départ de Russie et d’une façon générale
la liquidation de la participation à la guerre sur le front russe d’un certain
 nombre des spécialistes militaires des puissances de l'Entente ne
oouvaient pas ne pas prendre nécessairement quelque temps. Mais quand
cependant les travaux concernant ces départs furent terminés, le faisant
fonctions de Commissaire du Peuple aux Affaires Etrangères attira maintes
 fois Votre attention sur la nécessité pour les navires de guerre anzlais
 de quitter nos ports du Nord. Le séjour dans ces ports d’un nombre
même peu important, ne fut-ce que de deux ou trois ou même d’un seul
navire de guerre, même de petit tonnage, tandis que ces navires ont la
possibilité constante de gagner la mer pour des buts militaires, doit être
considéré par nous comme un fait indésirable. Non seulement tout tentative
 de débarquer quelque détachement armé que ce soit sur notre
côte, au cas où une pareille tentative aurait lieu, rencontrera de la part
de la République Russe une opposition catégorique et suscitera de la
part du Gouvernement Russe une défense entreprise avec tous les moyens
en son pouvoir, mais même un séjour plusprolongé dans nos ports du Nord