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        <title>Correspondance diplomatique se rapportant aux relations entre la République russe et les puissances de l'Entente</title>
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Correspondance diplomatique
se rapportant aux relations
entre la République Russe et
les Puissances de l’Entente.

1918.

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; COMMISSARIAT DU PEUPLE POUR LES
AFFAIRES ETRANGERES.
Moscou 1919.

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        <pb n="2" />
        Correspondance diplomatique
se rapportant aux relations
entre la République Russe et
les Puissances de l’Entente.

1918.

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PUBLIE PAR LE COMMISSARIAT DU PEUPLE POUR LES
AFFAIRES ETRANGERES. :
Moscou 1919,
        <pb n="3" />
        Correspondance se rapportant à la descente à
Vladivostok et à l’insurrection tchéco-slovaque.

Traduction du russe.

6 Avril, 1918.

A Monsieur Grenard, Consul Général de France.
Le Commissariat du Peuple pour les Affaires Etrangères s’ert
réfère aux déclarations, qui Vous ont été faites par le remplaçant
intérimaire du Commissaire du Peuple au sujet de l’impression extrêmement
 pénible, qui fut produite en Russie par la descente à Vladivostok
 des troupes japonaises et anglaises, dont l’activité est évidemment
 dirigée contre le Gouvernement Soviétiste, et au sujet de
influence au plus haut degré défavorable que cette intrusion violente
 d’une force militaire étrangère sur le sol de la République
doit avoir sur les relations entre cette dernière et le pays que Vous
représentez. Le Commissariat considère comme indispensable de
Vous rappeler la situation extrêmement tendue qui a été créée par
cette mesure évidemment hostile envers la République et la forme
politique de cette dernière, et d’indiquer encore une fois que.la
seule issue pouvant mettre un terme à cette situation est l’éloignement
 immédiat des troupes de descente et que des éclaircissements
précis relatifs à l’attitude de Votre, Gouvernement envers l’évênement
 qui à eu lieu à Vladivostok sont absolument nécessaires aussi vite
que possible.
Remplaçant intérimaire du Commissaire du Peuple
pour les Affaires Etrangères
(signé) Tchitchérine.

Une lettre sembable fut envoyée au représentant américain
Mr. Poole et au représentant anglais Mr. Lockhart.

Moscow, 10 th. April, 1918.

Dear Mr. Chicherin,
Referring” our conversation this afternoon, I send you herewith
a statement from the British . Government, which you may care to
publish:
,,The British Mission in Moscow received this morning a telegram
 from . the British Government relative to the landing of
        <pb n="4" />
        allied troops at Vladivostock. After describing the murder of two
Japanese subjects in Vladivostock and the circumstances which induced
 the Japanese admiral to take this action, the British Government
requests its representative in Moscow to assure the Russian Government
 that this landing has taken place with the sole object
of securing the lives and property of foreign subjects in Vladivostock,
 and that it should not be regarded in any other light than
a8 a measure directed solely to this end.‘
The message, as you are aware, contains a further assurance of
the government’s desire to support the Russian Government in its efforts
against Germany.

Yours truly,
(Signed) R. H. B. Lockhart.

Traduction.

Rapport de l’Attaché militaire américain Walter Drysdell, envoyé
 de Pekin pour étudier la situation des prisonniers'der guerre en
Sibérie.

Walter Drysdell alla de Vladivostock à Irkoutsk en s’arrêtant
dans tous les camps de prisonniers de guerre et en les examinant
soigneusement. Le 29 mars 1918 il revint à Pékin et rapporta ce qui
suit:

De Vladivostock jusqu’à la frontière chinoise il n’y a point de
prisonniers de guerre armés. Tous les prisonniers de guerre sont
bien surveillés par les russes. Dans la région de Irkoutsk se trouve
un certain nombre de hongrois prisonniers de guerre, socialistes
révolutionnaires, qui furent enrôlés dans l’armée rouge pour lutter
 contre Semenoff. De Omsk arriva un train avec cinquante
prisonniers de guerre armés de fusils et de mitrailleuses envoyés
dans ce but. D’aprés les témoignages de ceux qui connaissent bien la
situation locale, ce sont des déserteurs passés du côté des russes
 et pénetrés complètement d’idées internationalistes, Ils-ne veulent
 revenir en Hongrie dans aucun cas et ils ont décidé de partager
 le sort des révolutionnaires russes. Ils ont occupé la Croix
Rouge Suédoise à Omsk en prenant possession aussi des sommes
d’argent et des autres stocks, et ils ont envoyé au gouvernement
Austro-Hongrois un ultimatum dans lequel ils menacent de s’opposer
 au retour -de .tous les prisonniers autrichiens dans leur pays
s’ils ne reçoivent pas une amnistie complète et la permission de
mener une propagande socialiste après leur retour dans leurs patrie.
On dit que dans ce but ils veulent arrêter tous les trains à
Omsk dans le cas où leur gouvernement les .laissiat sans réponse.
Les relations entre ces prisonniers .de guerre et leurs officiers sont
très. mauvaises; Leur armement pourrait dans une certaine mesure
        <pb n="5" />
        — 5 —

tre un danger pour les alliés et sur ce point des publications
pourraient être faites. On pourrait indiquer qu’il serait admissible
de donner aux prisonniers de guerre en général une liberté de
mouvement, mais que la création d’une commission consultative
américaine serait désirable, dont l’activité s’étendrait sur le chemin
je fer Sibérien. Je crois que des soldats américains agissant dans
se sens seraient bien reçus ici et pourraient le mieux résoudre ce
problème, Il serait désirable d’appuyer ce projet. Vu que les alliés
désirent sans doute avoir une garantie pour l’action future des prisonniers
 de guerre, il serait possible peut-être de charger un petit
nombre de soldats américains de surveiller chaque camp de prisonniers
 de guerre.

Aucun danger immédiat de prise de possession du chemin de
fer par des prisonniers de guerre armés n’existe.

Traduction du russe.

26 avril 1918.

Note, présentée à tous les représentants étrangers à Moscou.
Dequis longtemps le gouvernement soviétiste était renseigné
sur les intrigues et les préparations militaires d’une bande de conspirateurs
 contre-révolutionnaires concentrés à Pékin et ayant adopté
le titre bien sonnant de ,,gouvernement Sibérien autonome‘. Depuis
‘ongtemps nous savions que ce petit groupement de chefs des oporesseurs
 et exploiteurs du peuple répudiés par les grandes masses,
‘éfugiés dans l’extrême Orient et dans certaines autres localités,
oasent tout leur espoir sur l’appui étranger et trouvent des sympathies
 chez la partie agressive des impérialistes des différents
pays. Des documents trouvés durant une visite domiciliaire chez
l’agent des conspirateurs de Pékin, Koloboff à Vladivostok, déroulent
 un tableau complet des relations amicales existant entre les
consuls locaux des pays de l’Entente, quelquefois même leurs ambassades,
 et les contre-révolutionnaires de l’extrême Orient, lesquels
préparent un coup d’état et sont prêts à ouvrir la voie aux envaaisseurs
 étrangers afin de pouvoir rétablir leur domination sur le
peuple asservi de nouveau.
Le Commissariat du Peuple pour les Affaires Etrangères a
fait savoir aux représentants des puissances étrangères à Moscou
que, par ses notes du 25 avril, adressées aux représentants de la
Grande Bretagne, de la France, de l’Italie et des Etats-Unis de
l’Amérique du Nord, il a indiqué aux gouvernements de ces puissances
 la nécessité, premièrement—de rappeler les consuls mêlés
à cette affaire, secondement—de procéder à une enquête publique
sur l’activité de ces derniers, ainsi que sur la participation des ambassades
 de Pékin à cette conspiration et, troisiémement—de pu-
        <pb n="6" />
        — 6 —

blier une déclaration claire et précise sur l’attitude de ces gouvernements
 à l’égard de la bande de conspirateurs contre-révolutionnaries,
 qui se nomme Gouvernement Autonome de Sibérie. ainsi
que des autres groupements analogues.
En faisant connaître ceci aux représentants de toutes les puissances
 étrangères à Moscou, le Commissariat du Peuple pour les
Affaires Etrangères exprime l’espoir que la réponse des puissances
de l’Entente sera- telle qu’elle pourra rendre impossible dans l’avenir
 la participation de leurs agents locaux dans des actions et des
tentatives dirigées contre l’existence de l’autorité soviétiste, et l’appui
 offert à ces tentaiives par des agents locaux de ces puissances,
faits dont l’influence sur les rapports entre ces puissances et la
République Soviétiste Russe est au plus haut degré défavorable.
Remplaçant intérimaire du Commissaire du Peuple
pour les Affaires Etrangères
Tehitchérine.

A Monsieur Fernand Grenard
Consul Général de France à Moscou.

26 Mai, 1918.

Monsieur le Consul Général,
C’est avec le plus grand regret que je suis obligé d’attirer
Votre attention sur la circonstance déplorable que dans l’affairo
des Tchéco-slovaques qui a pris des dimensions si considérables,
plusieurs de leurs détachements s’étant révoltés en Sibérie et s’étant
rendus maîtres de certaines lignes de chemin de fer avec des batailles.
 sanglantes comme résultat, non seulement des télégrammes
ont été saisis démontrant,.les relations existant entre ces rebelles
 et des groupements .contre-révolutionnaires russes, mais aussi
des représentants français ont participé activement à ce mouvement.
Des militaires français se trouvent parmi les Tchéco-Slovaques qui
luttent contre notre pouvoir, et certains de nos commissaires militaires
 locaux nous informent que des preuves ont été trouvées de
subsides reçus par les rebelles provenant de sources françaises. Nous
sommes persuadés, Monsieur le Consul Général, que Vous serez
d'autant plus empressé à concourir avec nous dans nos efforts pour
mettre fin à cette malheureuse affaire. Le Commissaire du Peuple
Trotzky s’est déja adressé à ces fins à Monsieur le Général Lavergne
et je m’associe de mon côté à son désir que les autorités militaires frangaises
 en Russie veuillent bien appliquer les mesures les plus énergiques
 pour amener les rebelles à mettre bas les armes. Nous sommes
 prêts à faciliter le départ des Tchéco-Slovaques sous la condition
 que nos soldats restés‘en France nous soient rendus. mais en
        <pb n="7" />
        tout cas nous exigeons de la façon la plus formelle que les “troupes
 Tchéco-Slovaques soient désarmées immédiatement et nous comptons
 avec pleine confiance sur Votre concours amical dans ce but.
Recevez, Monsieur le Consul Général, les assurances sincères de
ma considération la plus distinguée.
G. Tchitchérine.

28 May, 1918.

To the chief of the British Mission.
Dear Mr. Lockhart,
You are already acquainted with the extremely displeasing
Jffair of the Tcheco-Slovaks who have openly mutineered in Siberia
und have seized there some railway lines with the result of battes
 being waged with much bloodshed. Telegrams written in conventional
 language have been seized showing the connection between
 this movement and counter-revolutionary plots. Now military
ommissaries are informing us that connections have been disclosed
between the Tcheco-Slovaks and the British representatives. When
we learn details of this affair we will communicate with you. At
the present moment we request you to use your moral influence
upon the Tcheco-Slovaks in order to induce them to cease ths
struggle and to deliver their weapons. We agree that they should leave
the country but they must be immediately disarmed. The affair is
very serious and we are sure that you will help us in breaking the opposition
 of the mutineers.

[ remain, Dear Mr. Lockhart
Yours Faithfully
G Tehitcherin.

12 Juin, 1918.

Traduction du russe.
Au chef de la Mission Britannique Mr. Lockhart.
Au Consul Général de France. :
Au Consul Général d’Italie.
(Au Consul Général des Etats-Unis de l’Amérique du Nord.)

Le 4 juin les représentants des quatre puissances, Angleterre,
France; Italie et Etats-Unis de l’Amérique du Nord, émirent .une
déclaration relative à la question tchéco-slovaque, dans laquelle ils
indiquèrent que si le désarmement des tchèques était exécuté, les
        <pb n="8" />
        - 8 —

puissances en question le considéreraient comme un acte hostile
dirigé contre elles, vu que les détachements tchéco-slovaques étaient
des troupes alliées se trouvant sous la protection et jouissant de l’appui
des puissances de l’Entente.
Le Commissariat du Peuple pour les Affaires Etrangères a l’honneur
 de déclarer à ce sujet ce qui suit:
Le désarmement des tchéco-slovaques ne peut en aucun cas être
considéré comme un acte hostile dirigé contre les puissances. de
l’Entente. Il est avant tout provoqué par la circonstance’ que la
Russie comme état neutre ne peut point souffrir sur son territoire
 la présence de détachements armés qui . n’appartiennent
point à l’armée de la République Soviétiste. La cause immédiate
de l’application de mesures sévères et décisives dans le but de désarmer
 les tchéco-slovaques furent les actions de ces derniers. Longtemps
 avant l’émeute contre-révolutionnaire - actuelle en Sibérie,
point encore reprimée aujourd’hui, les détachements tchéco-slovaques
 s’opposérent à l’application des règlements des chemins de
fer et refusèrent d’obéir aux autorités soviétistes locales, en désorganisant
 par leurs actions les communications par chemin de fer et
le transport des vivres. Les tchéco-slovaques prenaient possession
par la force des armes des camps de prisonniers de guerre et dans certaines
 localités ils se livraient à des actes de violence sur les socialistes
 internationalistes. Malgré tout cela le gouvernement soviétiste
 s’efforçait de trouver une issue pacifique de la situation
devenant toujours plus menaçante, mais l’attitude de plus en plus
provocante des tchéco-slovaques et enfin le danger immédiat créé
par les actes auxquels ils se livraient les armes à la main forcèrent
le gouvernement soviétiste contre son désir d’adopter les mesures
nécessaires pour leur désarmement. Malgré tout cela, ce n’est que
l’insurrection déclarée contre-révolutionnaire des détachements tchécoslovaques
 contre les soviets qui obligea le gouvernement soviétiste
à entrer dans la voie d’une répression : sévère des insurgés à main
armée,
L’insurrection tchéco-slovaque commença à Tcheliabinsk le 26 mai,
ou ils s’emparèrent de la gare du chemin de fer, occupèrent la
ville, prirent possession des armes qui s’y trouvaient, arrêtèrent
les ‘autorités locales, les déposèrent et en réponse à la sommation qui
leur fut adressée de cesser ces actes inadmissibles et de rendre les armes.
accueillirent nos troupes en tirant sur elles. i}
L’insurrection s’étendant de plus en plus amena l’occupation de
Penza, Samara, Novo-Nikolaievsk, Omsk et d’autres villes par les tchécoslovaques.

Partout, simultanément avec Pinsurréction tchéco-slovaque ont
lieu des arrestations des autorités soviétistes, des exécutions, d’autre
part la création d’organisations contre-révolutionnaires se dénommant
 gouvernements locaux. Les tchéco-slovaques agissent partout
main en main avec les gardes blancs et les officiers russes contre-révo-
        <pb n="9" />
        lutionnaires; dans certaines localités des officiers. français se trouvent
 parmi eux. Partout où l’insurrection contre-révolutionnaire
tchéco-slovaque se produit les anciennes autorités, écartées par la République
 Soviétiste Ouvrière et Paysanne, sont rétablies. Les
Svénements qui ont eu lieu ont démontré qu’il s’agit d’une insurrection
de gardes blancs, d’officiers réactionnaires et d’autres ‘ éléments
contre-révolutionnaires soutenus les armes à la main par les tchécoslovaques,
 sur lesquels ce mouvement contre-révolutionnaire s’appuie.
Le gouvernement soviétiste a adopté les mesurés les plus décisives
 pour réprimer les armes à la main l’insurrection tchéco-slovaque
 et exige en tout cas leur. désarmement, aucune autre issue
n’étant possible pour le moment. Le Commissariat du Peuple ‘pour
tes Affaires Etrangères est persuadé qu’après les explications données
plus haut les représentants des quatre puissances de l’Entente ne considéreront
 plus comme un acte hostile le désarmement des détachements
 tchéco-slovaques, qu’ils avaient indiqués comme étant
leurs alliés et comme se trouvant sous leur protection, mais qu’au
contraire ils verront la nécessité et .l’opportunité des mesures adoptées
 par le gouvernement soviétiste contre les insurgés. En outre
le Commissariat du Peuple espère que les représentants des puissances
 de l’Eentente condamneront aussitôt les détachements tchécoslovaques
 pour leur insurrection contre-révolutionnaire qui s’est produite
 les armes à la main et qui représente une intervention déclarée
st audacieuse ‘dans les affaires intérieures de la Russie.
Le Commissaire du |
Peuple pour les Affaires Etrangères

Tehitchérine.

Traduit du Russe.!’
Izviestia Ne 117-9 Juin 1918.
Réponse aux questions posées par le représentant des tchécoslovaques
 Viatcheslav Neibert.
(Communication du Camarade Trotzky.)
A la fin de Mars te donnai l’autorisation pour le mouvement
des échelons Tchéco-Slovaques dans la direction de Vladivostock,
où ils devaient s’embarquer pour aller.en France. La condition
de ce mouvement était la remise par les Tchéco-slovaques de toutes
leurs armes, à l’exclusion d’une quantité déterminée indispensable pour
le service de garde intérieur.
Au début d’Avril les japonais produisirent leur débarquement à
Vladivostock. Les intentions des japonais pour l’avenir n’étaient pas
connues. Par suite il était impossible de savoir si les tchéco-slovaques
auraient la possibilité de s’embarquer à Vladivostock. D’accord avec
        <pb n="10" />
        les indications du Gouvernement j’arrétai le mouvement des. échelons
 tchéco-slovaques et j’expliqual aux représentants de la Mission
Militaire Française et aux représentants du Conseil National tchécoslovaque
 qui se présentèrent à moi que l'arrêt temporaire du mouvement
 des échelons tchéco-slovaques n’était en aucun cas une
mesure hostile ‘à leur égard, mais une mesure exclusivement suscitée
 par la situation politique et stratégique nouvelle en Extrême
Orient. En même temps je proposai aux représentants du Conseil National,
 MM. Maxa et Tchermak, de suggérer aux Gouvernements anglais
 et francais de se déclarer officiellement prêts à recévoir les
tchéco-slovaques sur des bâtiments appartenant à eux dans les ports
d’Archangel et de Mourman. De mon côté, je m’engageai à faire transporter
 dans ces ports les tchéco-slovaques pour la date déterminée qui
serait établie à la suite des nouveaux pourparlers. MM. Maxa et Tchermak
 me promirent pour les jours suivants une déclaration officielle
 conforme des gouvernements intéresses d’Angleterre et de
France: néanmoins je ne reçus aucun avis, Sous forme d’échange
de vues privé avec Monsieur Lockhart, représentant anglais, j’indiquai
 &amp;amp; ce dernier la nécessité pour les gouvernements anglais et frangals
 de prendre une décision ferme vis à vis des tchéco-slovaques,
car il était absolument impossible de maintenir des hommes dans
des wagons pendant plusieurs mois, surtout en été. Monsieur Lockhart
 ne put me donner aucune réponse, me disant seulement que la
question du tonnage était très ardue et qu’il-ne savait pas si le
Gouvernement anglais aurait la possibilité d’expédier le nombre
voulu de bateaux. De cette façon la question restait complètement
en suspens non point par la faute du Gouvernement des Soviets,
mais exclusivement par suite, d’une part, du débarquement japonais
à Vladivostok, d’autre part de l’absence de toute déclaration précise
des gouvernements d’Angleterre et de France.
Cette situation indéterminée et ces retards fâcheux furent utilisés
 par les éléments contre-révolutionnaires au sein même du corps
tchéco-slovaque et par leurs alliés de la bourgeoisie russe, ainsi que par
les officiers réactionnaires russes; ils firent tous leurs efforts pour
présenter sous un jour mensonger la situation et pour éveiller dans
les masses tchéco-slovaques le soupçon que le Pouvoir des Soviets
se préparait à livrer les échelons entre les mains des allemands. J'ai
déjà eu l’occasion dans une déclaration écrite de dire que c’étaient là
des bruits absurdes qui ne pouvaient être répandus que par des scélerats
et ne pouvaient étre crus que par des sots.
Ne recevant aucune réponse d’Angleterre ni de France, j’adressai
 par le camarade Aralov la proposition suivante aux tchécoslovaques:
 si la continuation de leur mouvement était impossible,
c’est-à-dire si l’Angleterre et la France n’envoyaient pas de bateaux
pour les enlever, ils auraient pleine faculté de rester en Russie
pour y occuper la situation qui conviendrait le mieux à leurs connaissances
 ou à leurs désirs, c’est-à-diré d’entrer dans l’armée rouge
        <pb n="11" />
        — 11 —

ou de constituer des associations ouvrières professionnelles ou d’assurer
 des services de garde, etc... ete... Naturellement cette proposition
 n’avait aucun caractère d’obligation, elle ‘avait pour seul but
d’offrir aux tchéco-slovaques une issue pour le cas où leur départ
à l’étranger apparaîtrait impossible pour des raisons indépendantes
de la volonté du Pouvoir des Soviets.
Toutes ces propositions et déclarations dictées exclusivement
par le souci des intérêts tchéco-slovaques, furent ‘interprétées par
les conspirateurs, démagogues et intrigants contre-révolutionnaires
dans un sens hostile aux tchéco-slovaques et leur servirent à semer
parmi eux la méfiance et la haine contre le Pouvoir des Soviets.
Cette agitation donna lieu aux incidents inouis où l’on vit des
échelons ‘tchéco-slovaques lever les armes contre le pouvoir des
soviets, s’emparer de gares et même se saisir du Pouvoir dans
certaines villes. Il va de soi que le Pouvoir des Soviets ne peut
souffrir une semblable situation. En plein accord avec le Pouvoir
Central j'ai donné l’ordre, en qualité de Commissaire du Peuple à
la Guerre, de désarmer immédiatement et sans conditions tous les
schelons tchécho-slovaques et de fusiller tout homme tchéco-slovaque
qui se refuserait à remettre ses ‘armes. i
Dans la même déclaration je promis au nom du Gouvernement
 toute assistence aux tchéco-slovaques loyaux, aussi bien
pour quitter la Russie que pour assurer en Russie des moyens
d’existence à ceux qui désireraient volontairement y rester. Tous
ces ordres et déclarations conservent encore actuellement leur pleine
vigueur. ;
Cela revient à dire: 1) — les tchéco-slovaques s'engagent à remettre
 entierèrement et sans conditions toutes les armes se trouvant
entre leurs mains; 2) —je m'engage, au nom du Pouvoir Central des
Soviets, à faire tout ce qui dépend de nous pour que les tchécoslovaques
 puissent dans le plus court délai quitter la Russie par
tel ou tel port déterminé sur la base d’un accord avec les représentants
 tchéco-slovaques, anglais et français; 3) —auprès des échelons
 doivent se trouver en qualité de Commissaires des tchéco-slovaques,
 des français, et des représentants du Pouvoir des Soviets.
Le Pouvoir des Soviets garantit aux tchéco-slovaques leur
complète sécurité ainsi que les approvisionnements nécessaires. La
présente déclaration est remise par moi au répresentant du corps
tchéco-slovaque Viatcheslav Neibert, à qui est garanti un passage libre
et sans entraves pour informer de cette réponse toutes les unités
tchéco-slovaques.
En même temps je déclare et je confirme que jusqu’à la réception
 par les autorités soviétistes de la nouvelle que les tchécoslovaques
 rendent leurs armes, ‘les opérations militaires et les concentrations
 de forces contre les insurgés continueront d’avoir lieu.
[ordre de fusiller les tchéco-slovaques trouvés les armes à la main
et refusant de les rendre reste en pleine vigueur, de même reste
        <pb n="12" />
        12 —

en vigueur l’ordre selon lequel toute unité dans laquelle seront trouvées
 des armes doit être enfermée dans un camp de concentration.
Etant donné les questions réiterées du représentant du corps
tchéco-slovaque Viatcheslav Neibert sur la livraison possible des
tchéco-slovaques à quelquesuns de leurs ennemis, je déclare que poser
seulement une pareille question, c’est trahir de la part des chefs du
corps tchéco-slovaque une complète incompréhension des principes
de la politique du Pouvoir des Soviets. Une pareille question est
absolument déplacée et indigne. La proposition même d’adopter la nationalité
 russe a été faite précisément pour que, si l’Angleterre et la France
refusaient d’accepter les Tchéco-Slovaques, tous ceux d’entre eux
qui le voudraient pussent avec une entière liberté, sans aucume limitation
 ou restriction que ce soit, vivre sur le territoire de la République
soviétiste. Je le répéte encore une fois, supposer chez le Gouvernement
 soviétiste le désir de causer un ‘dommage. quelconque, à
plus forte raison de commettre une félonie quelconque au détriment
des ouvriers et paysans tcheco-slovaques prêts à se sacrifier au nom
des leurs idées, c’est l’œuvre d'hommes complètement dévoyés, pervertis
 par la démagogie, le mensonge et la calomnie des contrerévolutionnaires
 russes. A la question complémentaire de Viatcheslav
Neibert je réponds qu’après la remise volontaire et honnête
de ses armes aucune unité tchéco-slovaque ne sera dissoute. Il va
de soi que tous ceux qui le” désireront pourront rester en Russie.
Nous ne pouvons obliger personne par la force à quitter la Russie
et nous ne le ferons pas. Mais toutes les unités qui désireront partir
partiront dans l’état où elles se trouvent actuellement, c’est-à-dire
comme unités constituées. ;
En réponse à la question de Viatcheslav Neibert sur les châtiments
 qui pourraient frapper les soldats tchéco-slovaques qui
rendront volontairement leurs armes, je réponds: Ne peuvent être
poursuivis et ne seront en effet rendus responsables que les éléments,
 ou les individus, au sujet desquels il sera prouvé, qu’ils sont
préalablement entrés en rapport avec les. contre-révolutionnaires
fusses ou autres, ou qu’ils ont sciemment trompé la masse
tehéco-slovaque pour la pousses à la révolte. Quant à l’ensemble
des soldats du corps tchéco-slovaque qui ont été poussés à des actes
de révolte par les mauvais desseins de certains démagogues ou
contre-révolutionnaires, tous ceux qui rendront volontairement leurs
armes n’auront à subir absolument aucune peine,
Cette déclaration ne se rapporte naturellement pas aux ‘unités
qui seront désarmées par la force par les troupes soviétistes. En ce
qui les concerne l’ordre prescrivant de fusiller les tchéco-slovaques
trouvés les armes à la main conserve sa pleine vigueur.
Le Commissaire du Peuple à la Guerre
et à la Marine ‘
L. TROTZKY.

ree eet,
        <pb n="13" />
        13 —

29 Juin, 1918.
Traduit du Russe.
A Monsieur Grenard, Consul Général de France à Moscou.
Le Journal ,,Nasche Slovo“ publie une conversation-avec certains
diplomates étrangers à Moscou, dans laquelle les conditions sont précisées,
 sous lesquelles selon l’avis de ces diplomates une intervention de
la France et de ses Alliés en Russie sera admissible. Le Commissariat
du Peuple pour les Affaires Atrangères sera reconnaissant au Consul
Général de France pour une reponse à la question de savoir si cette conversation
 doit être considerée comme rendant le véritable point de vue
du Gouvernement Français. Le Commissariat du Peuple est de l’opinion
que l’éclaircissement de cette question est d’autant plus nécessaire en
vue de la circonstance que la conversation citée plus haut ne précise
aucunement, si l’intervention projetée ne sera pas dirigée contre le Gouvernement
 Soviétiste Russe et ne portera pas le caractère d’une invasion
armée étrangère. Ces éclaircissements auront une importance particulière
 au moment actuel, où les détachements tchéco-slovaques, que les
représentants de la France et de ses alliés ont indiqué comme ‘étant sous
la protection des gouvernements alliés, continuent opiniâtrément leur
insurrection armée' contre le Gouvernement Soviétiste, remplacent partout
 où ils le peuvent les soviets par des autorités contre-révolutionnaires
et se livrent à des actes de violence de toute sorte contre les adhérents
actifs et les fonctionnaires des pouvoirs soviétistes, les représentants
de la France et de ses alliés n’ayant jusqu’à présent prononcé aucune
parole de condamnation à l’égard de ces actions de troupes-se trouvant
sous leur protection.
Le Commissariat du Peuple espère fermement, que le représentant
de la France répudiera toute communauté avec le plan d’une incursion
armée sur le territoire de la République Soviétiste Russe. Au nom des
relations d’amitié entre les Peuples de la Russie et de la France, sur la
conservation-inaltérable desquelles la Russie compte fermement, le Commissariat
 du Peuple pour les Affaires Etrangères attend avec confiance
de la part du représentant de la France une déclaration disant que son
Gouvernement n’est point d’accord avec des plans qui doivent forcément
 mener à ce que ces relations d’amitié soient troublées, d’autant plus
que l’absence d’une déclaration semblable sera interprêtée par le peuple
travailleur de la Russie dans le sens d’un accord tacite avec les desseins
dont parle la conversation citée plus haut.
Commissaire du Peuple pour les Affaires Etrangères
’ Tchitchérine.
        <pb n="14" />
        Des lettres semblables furent envoyées aux représentants des
autres Puissances de l’Entente..

Traduction du Russe.

29 Juin, 1918.

La Cause de la Sibérie“ (Journal d’Omsk).
La Pensée Libre‘ (Journal de Kourgan).

Note du Commandant Alphonse Guinet, Chef de la Mission Francaise
 auprès des troupes Tchéco-Slovaques. =
Je fais connaître au Comité Exécutif provisoire des troupes Tchéco-Slovaques
 que j'ai reçu de l’ambassadeur de France un télégramme
chiftré m’informant de l’intervention des alliés en Russie. En transmettant
cet avis, je déclare que j'ai pleins pouvoirs pour exprimer aux troupes
Tchéco-Slovaques de Russie la reconnaissance des alliés pour leur intervention.
 Leur conduite, résultant d’une profonde compréhension de la
situation, fait beaucoup d’honneur à l’armée Tchéco-Slovaque, et témoigne
de la vaillance de ses organes d’éxécution sur l’immense front russo-sibérien
 ainsi que de l’initiative des chefs dont l’ampleur ‘ de vues a influé
sur les membres du Congrès qui se sont décidés pour cette intervention.
Récemment encore les membres de l’Ambassade de France devaient
chercher le moyen de maintenir leurs relations avec les autorités soviétistes
 russes, mais ces autorités aux yeux des alliés et du monde civilisé
ne méritent plus un tel traitement. Actuellement nous ne sommes plus
en relations avec elles: au contraire vous verrez maintenant combien
nous défendrons corps et âme l’activité libératrice de l’armée Tchéco-Slovaque.
 Grâce à vous le front russe est rétabli, mais par malheur
jusqu’à ce jour la fleur du peuple russe y participe encore faiblement.
Ce front est dirigé contre les vrais ennemis de la Russie, contre les ennemis
 des Alliés, les ennemis du droit et de la justice, c’est-à-dire contre
les Allemands. L'Ambassade de France, alliée toujours sincère de la
Russie, combat sur ce nouveau front au premier rang côte à côte avec
vous.

Le 12 Juillet, 1918.

Traduction du Russe.
À Monsieur Grenard, Consul Général de France à Moscou.
Le Commissariat du Peuple pour les Affaires Etrangères ne peut
point ne pas diriger l’attention la plus sérieuse du Consul Général Français
eur les circonstances suivantes:
        <pb n="15" />
        — 15 — :

Après qu’un représentant de la France eût participé à la conclusion
 d’un soi disant accord contre la volonté du gouvernement soviétiste
avec le soviet de Mourman, ce dernier ayant transgressé ses devoirs les
plus élémentaires, accord ayant pour but de faciliter une incursion étrangère
 sur le territoire russe, après que des forces armées françaises eussent
pris part à la marche en avant, contraire à tous les droits, de l’armée anslaise
 dans l’intérieur de la Russie, accordant ainsi leur appui à la violation
du territoiré russe, nous venons de recevoir la nouvelle que dans les
journaux de Sibérie ,,Dielo Sibiri“ et ,,Svobodnaia Mysl‘* un appel vient
de paraître publié par Mr. Alphonse Guinet, le chef de la mission militaire
 française auprès des troupes Tchéco-Slovaques insurgées, qui dans
cet appel salue l’activité contre-révolutionnaire des Tchéco-Slovaques
et qui dans une forme insultante y parle de rupture entre la France et
le Gouvernement Russe. Si de la part du Gouvernement Français aucun
éclaireissement n’est donné sur ces circonstances, nous devrons constater
que les relations entre l’émeute contre-révolutionnaire Tchéco-Slovaque
 et les agents du Gouvernement Français, ces derniers agissant officiellement,
 sont prouvées d’une façon documentaire. Une situation sera
créée en conséquence qui sera absolument insupportable pour la République
 Russe.

Le Commissaire du Peuple pour les
Affaires Etrangéres

Tehitchérine.

Traduit du Russe.

Izviestia, le 2 Juillet, 1918.

Au sujet d’une note aux représentants alliés.

Le Commissariat du Peuple aux Affaires étrangéres adressa le
29 Juin au Consul Général Francais une note, dans laquelle il lui demandait
 des éclaircissements au sujet d’une déclaration des diplomates en
résidence à Moscou, publiée dans le ,, Nache Slovo®“, où étaient précisées
les conditions d’une intervention dans les affaires russes.
A ce sujet le Consul Général Français se rendit hier, ler Juillet,
au Commissariat du Peuple pour les Affaires Etrangères et déclara que
la Communication, publiée par le ,,Nache Slovo““, n’exprimait aucunement
 son point de vue et que la déclaration contenue dans cette communication
 n’engageait en rien sa responsabilité.
        <pb n="16" />
        16

Traduit du Russe.

Rviestia, le 3 Juillet, 1918.
Déclaration du Consul d’Italie. .

Comme nous l’annoncions hier, en réponse à la note du 29 Juin,
le Consul Général Français se rendit au Commissariat du Peuple des
Affaires Etrangères et y fit une déclaration aux termes de laquelle il se
séparait nettement de la communication parue dans le ,,Nache Slovo“
au sujet de l’intervention des puissances de l’Entente dans les affaires
russes, communication attribuée par ce journal aux membres du corps
diplomatique à Moscou. Le 2 Juillet le Consul Général d’Italie se rendit
également au Commissariat du Peuple des Affaires Etrangères et déclara
qui’il n’était pour rien dans la ‘communication, parue dans le ,,Nache
Slovo““, et qu’il était très éloigné des idées, qui y sont exprimées.

Traduit du Russe y

Izviestia, le 4 Juillet, 1918.

Déclarations des Consuls d’Angleterre et d’Amérique.
Le 3 Juillet le Commissariat du Peuple des Affaires Etrangères
reçut la visite du représentant diplomatique anglais Lockhart qui, après
les Consuls de France et d’Italie, déclara au sujet de la Communication
parue dans le ,,Nache Slovo“ concernant l’intervention en Russie, qu’il
ne savait rien de l’origine de cette communication, qu’il n’avait rien de
commun avec elle et que, malgré toutes ses questions, il n’avait pas pu
établir qu’aucun des représentants de l’Entente y fut pour quelque chose.
I faut ajouter que dès le 30 Juin le Commissariat du Peuple des
Affaires Etrangères avait reçu la visite de M. Poole, Consul Général
d'Amérique, qui avait également déclaré n’avoir rien de commun avec
la Communication en cause.
De cette façon cette même communication se trouve reniée par les
représentants diplomatiques d’Angleterre, de France, d'Amérique et
d’Ttalie.

Traduit du Russe.

lzviestia, le 6 Juillet, 1918.

Déclarations du Consul du Japon au sujet de l’Intervention.
Hier jeudi, 4 Juillet, Monsieur Sentaro Oueda, Consul du Japon
à Moscou, se rendit au Commissariat du Peuple des Affaires Etrangères
        <pb n="17" />
        - 17 — 2

ot déclara, que les représentants japonais en Russie n’avaient rien de
~ommun avec l’interview concernant l’intervention paru ces jours derniers
 dans un journal de Moscou et qui fournit matière à une note officielle
 aux représentants alliés. Le Consul du Japon ajouta, que cet interview
 pouvait d’autant moins émaner des milieux officiels japonais, que
les questions, qu’il traitait, n’intéressaient actuellement en rien le Gouvernement.
 japonais.

Radiotélégramme de l’Agence Télégraphique Russe de Pétrograd
du 18 Juillet, 1918.
En réponse note Commissaire Peuple Affaires Etrangères Tchitshérine
 Consul Général France Moscou sujet publication dans journaux
sibériens déclaration que aurait faite certain Guinet aux Tchéco-Slovaques
 au nom Ambassadeur Noulens virgule Consul Général France mande
réponse Ambassadeur France démentant absolument faits précités étant
donné commandant Guinet est aucunement chef Mission Française mais
seulement- officier français attaché Tchéco-Slovaques dans leur voyage
jusqu’à port embarquement et que en plus Ambassadeur France ne pouvait
 lui faire parvenir aucune missive étant donné Vologda en était coupé
depuis plus de deux mois.
        <pb n="18" />
        Correspondance relative à l'invasion
alliée dans le Mourmane.

TRANSLATION FROM RUSSIAN.
April 20d, 1918 No 576.

Moscow.
Dear Mr. LOCKHART,

In view of the alarming reports which are being spread on our
northern coast and of the apprehensions regarding England’s intentions
 as far as Archangel is concerned, we should be very much obliged
to you for giving us some explanations about the situation in the above
district, which would enable us to reassure our alarmed northern population
 and to dissipate its fears.

Yours truly
Signed :. The acting Commissar for Foreign Affairs TCHITCHERIN.

British Mission, Moscow 4 April 1918.
To the Acting Commissar for Foreign Affairs.
Dear Mr. CHICHERIN.

With reference to your note Nr. 576 of the 2nd instant, relative
to the rumours prevalent in the North of Russia regarding a supposed
occupation of Archangel by British forces, I hasten to inform you that.
as far as I am aware, these rumours are devoid of all foundation.
Yours truly,

Signed: LOCKHART

-
        <pb n="19" />
        19 —

Traduit du russe.
A Monsieur Lockhardt, Représentant diplomatique de la Grande-Bretagne,
A en juger par les renseignements reçus au Commissariat du Peuple
des Affaires Etrangères on peut craindre l’envoi par le Gouvernement
Britannique d’une expédition militaire sur la côte Mourmane. Le Commissariat
 du Peuple fait remarquer q’en vertu du traité de Brest les
navires de guerre de la Grande-Bretagne et de ses alliés ne peuvent être
admis par le Gouvernement Russe dans les eaux de la côte Nord de la
Russie. Le Commissariat du Peuple aux Affaires Etrangères exprime
l’espoir que la Grande-Bretagne ne prendra pas de mesures qui entraineraient
 pour la Russie une violation inadmissible de sa neutralité ou des
obligations découlant pour elle du traité de Brest. Fermement décidé
à conserver toujours avec le peuple britannique les relations les plus
amicales, le Gouvernement Russe attend que de son côté le Gouvernement
 Britannique observe une ligne de conduite assurant à la Russie
une entière possibilité de réaliser les désirs ci-dessus indiqués.
Le Commissaire du Peuple aux Affaires Etrangéres, ©
6 Juin 1918. TCHITCHERINE.

l'élégramme chiffré envoyé de Samara à l’Attaché Militaire Français.
Expédié le 17 Mai à 9h. 35. Reçu le 18 Mai à 10 h.
Tous Cosaques soulevés Plénipotentiaire Samara demande argent
st armes Marchent contre Soviets et Boches Réponse.
Signé: VANNO.

l'élégramme chiffré envoyé de Vladicavcase à l’Attaché Militaire Français.
Expédié le 3 juin, reçu à Moscou le 13 juin.

Mouvement cosaque en préparation au Terek à l’insu du.Gouvernement
 Local, mais pour le moment non dirigé contre lui, dans le but
de défense contre Musulmans qui veulent terres cosaques. Ancien Commandant
 en Chef Avtonomoff patriote voudrait avoir officiers russes pour
armée rouge et troupe cosaque pour défense front allemand, a eu entrevue
 récente avec Radko Dmitrieff, remettra avec plaisir commandement
à Général Snessaref nouveau commandant en chef. Accord entre cosaques
        <pb n="20" />
        : — 20 —.

Kouban et Terek indispensable mais pas encore réalisé, sera favorisé par
Avtonomoff qui au fond est contre Gouvernement des Commissaires.
Si ce mouvement cosaque réussit, Gouvernement Commissaires est renversé
 du coup.

Télégramme chiffré envoyé de Vladicavcase à l’Attaché Militaire Français:

Expédié le 3 juin, reçu à Moscou le 13 juin. ;

Me placerai uniquement au point de vue défense front contre Allemands
 et Musulmans, mais pour cela il faudra prendre parti pour cosaques.
Jusqu’à présent Anglais n’ont pas pris position.  Estime que front de
Rostoff c’est à dire Kouban devrait être sous notre direction, Anglais
restant au Terek, dans ce cas vous demanderai directives et sur quels
crédits je pourrai compter.

CHARDIGNY.

To the Consul General of the United States Mr. POOLE.
12 June 1918.

The Commissariat for Foreign Affairs begs to inform the Consul
General of the United States of America concerning the seizure of ships
belonging to the Russian Mercantile Voluntary Fleet by the American
authorities without the knowledge of the Government of the Russian
Socialist and Federative Republic.

In the hope of receiving from the American Government, with the
least possible delay, the necessary detailed explanations, the Commissariat
 begs to bring to your notice the information at its disposal.
The cases in question are—1) the ship «Simpheropol», seized in
Manilla approximately 10—15 April last. The agent of the Mercantile
Voluntary Fleet has sent in a protest to the American Consul concerning
this case. 2) The ships «Nijni-Novgorod», «Toulan and «Kichineff» were
chartered towards the end of last year for transport service on the Pacific
Ocean with the promise that they would be.sent to Vladivostock towards
the middle of April or later, but at the beginning of April thesë ships
were seized by orders given by the Government of the United States.
The details of the actual seizure are lacking, the facts in hands
being merely the declaration made by the Government of the United
        <pb n="21" />
        — 91 —

States to the Agent of the Mercantile Marine in New York to the effect
that it required these ships. There is also reason to believe that the above
mentioned Government wishes to make use of same according to the
«Bare Ship Basis». The administration of the Mercantile Voluntary Fleet
of the Far East has protested by telegraph against the seizure emphasising
 the necessity of the return of these ships as being indispensable for
the service of communication between important ports in the North and
also for facilitating the fishing trade.
The Commissariat for Foreign Affairs begs the Consul General
of the United States to approach its Government on this subject so that
the necessary steps may immediately be taken and the ships handed over
to the Russian Mercantile Marine as soon as possible.
Commissary of the People for Foreign Affairs, TCHITCHERIN.

To the Diplomatic Representative of Great Britain Mr. LOCKHART.
12 June 1918.

The Commissariat for Foreign Affairs begs to inform. the Diplomatic
 Representative of Great Britain, concerning, the seizure of ships
belonging to the Russian Mercantile Voluntary Fleet by the English
Authorities without the knowledge of the Government of the Socialist
Federative Soviet Republic of Russia.
In the hope of receiving with the least possible delay the necessary
 and detailed explanation of the following facts, the Commissariat
begs to bring to your notice the information at its disposal.
1) The ship «Vitimen destined for Singapore towards the middle
of April last has not to this day entered port.
2) The ships «Tobolsk» and «Indiguirkan were seized, the former
on the 19th. and the latter on the 23rd. of last March at- Hongkong by
order of the British admiralty, the crews were interned in a camp to be
repatriated later. -The Agent of the Mercantile Voluntary Fleet protested
 personally as well as through the offices of the Consulate against
this illegal action, on the 2nd. of April, the same representative being
informed by the Admiralty that the requisition of the above mentioned
ships was made to satisfy the needs of war, according to the Anglo-Russian
 Convention of 1916, and that the Voluntary Fleet would be liable
to compensation according to the English laws relating to forced requisition.
 The English Consul while on the one hand pointing to the great
need of Great Britain in ships, yet on the other hand did not deny the
extreme importance of the maritime traffic of Kamtschatka and promised
his help in the matter.
According to additional information that has come to hand concerning
 ships belonging to the Voluntary Fleet navigating between ports
        <pb n="22" />
        ~ 92

on the White Sea, England and America that have been actually detained
 in England, it appears that the English authorities force the crew
to land and hoist the English flag.
3) According to the report made by the captain of the ship «laroslavl»
 it appears that so soon as the ship neared Dundee the captain of
the said ship received a communication from the Senior Naval Officer
to the effect that, according to the convention made between the English
 Government and that of Russia, the above mentioned ship would
be transferred to the disposal of the British Government. Again, the
crew received orders to land and the English flag was hoisted in lieu of
the Russian flag.
The, English Authorities who took part in the seizure of the mentioned
 ships in support of their action insisted before the Agent of the
Russian Voluntary Fleet on the military convention of 1916 made between
 England and Russia. The Commissariat for Foreign Affairs therefore
 begs to point out to the English Mission that the reference made
by the English Military Authorities to the Russo-British Convention of
L916 concerning the-said seizures is illegal, as, the state of war between
Russia and the Powers of the Central Europe having come to a close,
the said treaty, the motives and aims of which no longer exist, becomes
legally annulled and cannot be further applied without such application
being considered as a violation of neutrality.
The People’s Commissary for Foreign Affairs, TCHITCHERIN.

Traduit du Russe. .
A Monsieur Poole, Consul Général des Etats-Unis d”Amérique.

- 14 Juin 1918.

Le Commissariat du Peuple aux Affaires Etrangères se permet de
prier le Consul Général Américain à Moscou d’attirer l’attention dn
Gouvernement des Etats-Unis de l’Amérique du Nord sur le fait que
le séjour de bâtiments de guerre de Puissances belligérantes dans les ports
de la République Russe, étant donné la faculté qu’ils ont en tout temps
de gagner la mer pour des buts militaires, ne peut être reconnu comme aamissible
 par le Gouvernement Russe. Le Commissariat du Peuple exprime
 la pleine confiance que le Gouvernement des Etats-Unis de l’Amérique
 du Nord, qui a donné tant de preuves de ses dispositions amicales
envers la République Russe, prendra en considération l’obligation dans
laquelle se trouve la Russie et en tiendra entièrement compte.
Le Commissaire du Peuple aux Affaires Etrangères,
G. TCHITCHÉRINE.
        <pb n="23" />
        Traduit du Russe.

14 Juin 1918.

4 Monsieur Grenard, Consul Général de France à Moscou.

Le Commissariat du Peuple aux Affaires Etrangéres se permet
Lattirer Votre attention sur le fait que le séjour de navires de guerre
1e Puissances belligérantes dans les ports de la République Russe, étant
Jonné la faculté qu’ils ont en tout temps de gagner là mer pour des buts
militaires, doit être reconnu par le Gouvernement russe comme inadmissible
 même au cas où pendant une période prolongée le séjour dans
les eaux russes d’un tel bâtiment ne comporterait aucune opération militaire.
 Le Commissariat du Peuple aux Affaires Etrangères exprime à
ze sujet l’espérance que le Gouvernement Français rappellera sans retard
 le bâtiment de guerre se trouvant dans l’Océan Glacial sur le rivage
russe.

Le Commissaire du Peuple aux Affaires Etrangères,

G. TCHITCHÉRINE.

Traduit du Russe.

A Monsieur Lockhard, Représentant Diplomatique de la Grande Bretagne.

Après que. la Russie fut sortie du nombre des puissances belligérantes,
 le Gouvernement Russe différa d’abord quelque peu l’énoncé
de sa demande d’éloignement des navires de guerre anglais se trouvant
dans les ports du Nord, car le départ de Russie et d’une façon générale
la liquidation de la participation à la guerre sur le front russe d’un certain
 nombre des spécialistes militaires des puissances de l'Entente ne
oouvaient pas ne pas prendre nécessairement quelque temps. Mais quand
cependant les travaux concernant ces départs furent terminés, le faisant
fonctions de Commissaire du Peuple aux Affaires Etrangères attira maintes
 fois Votre attention sur la nécessité pour les navires de guerre anzlais
 de quitter nos ports du Nord. Le séjour dans ces ports d’un nombre
même peu important, ne fut-ce que de deux ou trois ou même d’un seul
navire de guerre, même de petit tonnage, tandis que ces navires ont la
possibilité constante de gagner la mer pour des buts militaires, doit être
considéré par nous comme un fait indésirable. Non seulement tout tentative
 de débarquer quelque détachement armé que ce soit sur notre
côte, au cas où une pareille tentative aurait lieu, rencontrera de la part
de la République Russe une opposition catégorique et suscitera de la
part du Gouvernement Russe une défense entreprise avec tous les moyens
en son pouvoir, mais même un séjour plusprolongé dans nos ports du Nord
        <pb n="24" />
        — 24 — .

d’un petit nombre de navires de guerre légers des Puissances belligérantes
oblige le Commissariat du Peuple aux Affaires Etrangères à élever une
protestation formelle, dans l’espoir que Vous voudrez bien, Monsieur le
Représentant Diplomatique de la Grande Bretagne, attirer la plus sérieuse
 attention du Gouvernement Britannique sur l’impossibilité d’un
séjour plus prolongé de navires de guerre anglais, même en petit nombre,
dans les ports de la République Soviétiste Russe.
Le Commissaire du Peuple aux Affaires Etrangères,

4 Juin 1918. .

TCHITCHÉRINE.

TRADUIT DU RUSSE.

A Monsieur Lockhart, Représentant Diplomatique de la Grande Bretagne

Par la volonté du peuple travailleur conscient de l’identité et de la
solidarité de ses intérêts avec ceux des masses traivailleuses du monde
entier, la République Soviétiste Fédérative Socialiste de Russie quitta
les ‘rangs des puissances belligérantes et sortit de l’état de guerre dont la
situation intérieure de la Russie lui rendait la continuation impossible.
Le peuple travailleur de Russie et le gouvernement ouvrier et paysan
exécutant sa volonté ont pour unique souci de vivre en paix et amitié
avec toutes les autres nations. Le peuple laborieux de Russie ne menace
d’aucune guerre aucun autre peuple, et aucun danger de sa part ne peut
menacer la Grande Bretagne. Le gouvernement ouvrier et paysan de
Russie n’en a que plus de fermeté pour protester contre l’intrusion en
Russie, qu’aucun acte agressif de ce pays n’a motivée, d’un détachement
militaire anglais récemment arrivé à Mourmansk. Les forces armées de
la République Russe ont reçu mission de défendre la côte Mourmane
contre toutes attaques étrangères, et les troupes soviétistes s’acquittent
consciencieusement de cette obligation, éxécutant jusqu’au bout leur
devoir révolutionnaire à leur poste de garde de la Russie soviétiste. Le
Commissariat: du Peuple aux Affaires Etrangères insiste de la façon la
plus catégorique sur ce fait qu’à Mourmane, ville de la Russie neutre,
il ne doit se trouver aucune force Britannique ni d’aucune autre puissance
étrangère. En outre il répète encore une fois sa protestation souvent
exprimée contre la présence dans le port de Mourmane de navires de
guerre anglais et il exprime la ferme assurance que le Gouvernement
Britannique retirera une mesure aussi contraire à la situation interna-Honale
 de la Russie, et que le peuple travailleur de Russie, qui désire
        <pb n="25" />
        25 —

ardemment maintenir inébranlables ses relations amicales avec la Grande
Bretagne, ne sera pas placé contre sa volonté dans une situation opposée
à ses plus sincères désirs.
(Signé:) Le Commissaire du Peuple aux Affaires Etrangères,
27 Juin 1918.

[ZVESTIA 11/7/1918. No 144.

DANS LE MOURMANE.

Dans ces jours derniers la situation dans le pays Mourmane a pris
le caractère d’hostilités déclarées contre le pouvoir des Soviets. Les
troupes anglaises, françaises et serbes ont occupé toute la voie ferrée
depuis Mourmansk jusqu’à Soroki. Dans la journée d’hier l’ennemi à
avancé de onze verstes au sud de Soroki. Sur toute l’étendue de la voie
ferrée les troupes ennemies ont établi leur contrôle. Tous ceux qui refusent
 d’obéir au commandement anglo-français, la fusillade les attend.
A Kem ont été fusillés par les serbes sur l’ordre du commandement
anglais les membres du Soviet : Malicheff, Kameneff et Vitsoun. Gerasimoff,
 Commissaire Politique auprès du Commandant Militaire, a été
arrêté. Soroki a été pris par les anglais après avoir été préalablement
bombardé par mer par un croiseur. Nos troupes en abandonnant Soroki
ont emmené le matériel et les approvisionnements.

TRADUIT DU RUSSE.

\ Monsieur Lockhart, Représentant diplomatique de la Grande Bretagne.

Malgré les assurances maintes fois répétées du Gouvernement
Britannique d’aprés lesquelles le débarquement de troupes anglaises
sur la côte Mourmane ne serait aucunement un acte hostile envers la
République Soviétiste Russe, non seulement le Gouvernement Britannique
 n’a point satisfait à notre demande élémentaire concernant le retrait
 de ses troupes du territoire soviétiste, mais ses détachements en
même temps que des forces auxiliaires francaises et serbes se sont avancés
vers le Sud à l’intérieur du pays; on arrète, parfois même on fusille les
représentants du Pouvoir des Soviets, on désarme la garde des chemins
        <pb n="26" />
        — 26 —

de fer, on institue un contrôle étranger sur la voie ferrée et le télégraphe.
Après avoir occupé Kem et Soroki, les troupes anglaises avancèrent plus
loin vers l’Est et occupèrent Soumski-Possad. sur la route d’Onéga. En
face de pareils agissements des troupes anglaises on ne peut parler d’autre
chose que d’une saisie du territoire de la République Soviétiste Russe.
Aucun autre, motif ne peut expliquer le mouvement ‘des troupes anglaises
 vers l’Est,
Le Commissariat du Peuple aux Affaires Etrangéres éléve sa plus
formelle protestation contre cette violence que rien ne justifie vis à vis
de la Russie Soviétiste. Nous avons déjà déclaré, nous déclarons. encore
une fois que les troupes soviétistes feront tout ce qui est en leur pouvoir
pour défendre le territoire russe et opposeront une résistance décidée
à l’invasion armée de l’étranger. Nous attirons avec une particulière insistance
 l’attention sur l’émotion qui s’empare des larges masses populaires
 de la Russie à la vue de cette aggression anglaise que rien de notre
part n’a suscité, et sur les résultats que cette émotion se répandant dans
les masses peut avoir à l’avenir.

Le Commissaire du Peuple aux Affaires Etrangères, “
12 Juillet 1918. TCHITCHERINE.

TRADUIT DU RUSSE.

A Monsieur le Consul Général des Etats Unis d’Amérique.
Le Commissariat du Peuple des Affaires Etrangères ne peut s’empêcher
 d’exprimer son profond étonnement au sujet de la participation
dù représentant des Etats-Unis de l’Amérique du Nord, dont les relations
 amicales avec la République Russe sont estimées par cette dernière
à un si haut prix, à la conclusion d’un prétendu traité avec le Soviet de
Mourmane, infidèle à son devoir civique envers la Russie Soviétiste,
aboutissant à un accord sur l’intrusion armée de troupes des puissances
de l’Entente sur le territoire de la Russie Soviétiste contre la volonté
de cette dernière. Le Gouvernement Russe espère que les relations amicales
 du Gouvernement Américain l’empêcheront d’aller plus loin dans
cette voie de la violation de l’intégrité du territoire et des droits élémentaires
 de la République Soviétiste Russe, et qu’il s’emploiera au contraire
 à écarter tout ce qui peut conduire à une telle violation.

Le Commissaire du Peuple aux Affaires Etrangères.

[2 Juillet 1918.

TCHITCHERINE.
        <pb n="27" />
        27 —

12/7/1919.

Telegram.

URGENT.

American Ambassador FRANCIS.
VOLOGDA.

_ Applying to you as dean representatives Vologda and relying on
riendliness you and your government always shown Russia we draw
your attention to inexplicable and unjustifiable British advance. After
having shot down members of Soviet in Kem and occupied Soroki,
Britishers have now advanced to Soumski-Possad twenty versts east direction
 towards Onega. Such movements have no connection with German
menace from Finland : movements towards southeast exclusively against
us who gave no cause for this breach of peace. We must draw your most
serious attention to development in Russian popular masses of violent
resentment against Britishers, we must count with possibility of outbursts
against which we will take all possible measures but which can be serious
danger. We hope your experience and insight will help in this critical
situation, your presence in Moscow will be great relief.

TCHITCHERIN.

Mr. CHITCHERIN.
Moscow, 17th July, 1918.

fn answer to your note of the 12th instant, relative to the alleged
shooting of representatives of the Russian Soviet at Kem, I beg to inform
 you that in consequence of the impossibility of communicating with
Mourmansk I have been unable to verify. this information. I am now
informed by His Britannic Majesty's Envoy at Vologda that the information
 is incorrect and further, that the British Admiral at Mourmansk
has already invited representatives from the Russian Soviet at Archangel
to proceed to Kem in order to convince themselves on the spot of the
complete incorrectness of these reports. 1 understand that the Russian
representatives at Archangel have already availed themselves of this invitation.


Lockhart, British Representative in Moscow.

30th July 1918.
To Mr. LOCKHART, British Diplomatic Representative, Moscow.
Dear Sir, to
In view of the situation on the White Sea we make it known to you
that on its shores a reinforced defence has been established and that no
        <pb n="28" />
        28 —

vessel, boat or ship of any kind will under any circumstances whatsoever
be permitted to land there or to set passengers ashore. Should any such
attempt be made they will be fired upon by the coast defence.
Yours truly G. TCHITCHERIN.

[zvestia N 160, 30 Juillet 1918.
Extraits du Rapport de la Commission d’Enquête sur les Fusillades
“de Kem.

Apres avoir regu des représentants des autorités anglaises l’assurance
 que notre bateau ne serait pas retenu et que nous pourrions exécuter
 librement notre fission, le comité exécutif d’Archangel décida de
nous laisser partir avec les plus larges pouvoirs... Nous posâmes aux
représentants alliés des questions sur la mort de nos camarades. Les
alliés assurent que nos camarades opposèrent de la résistance et furent
tués pendant le combat, mais les témoins oculaires disent le contraire.
En tout cas nous regrettons beaucoup, disent-ils, que ce malheur soit
Arrivé, et nous sommes tout à fait désolés qu’il ait fallu verser le sang.
Ainsi termina son récit le Colonel anglais...
Nous trouvâmes un camarade de Kem qui nous attendait pour
faire sa déposition sur la mort de nos camarades. Il nous raconta ce qui
suit. «Le deux juillet, sur les vingt heures, je vis cinq à sept soldats
serbes conduire hors de la maison du Soviet le camarade Kameneff qui
s’opposait à être ainsi traîné. Ils allaient dans la direction de la cathédrale.
 Les soldats le firent approcher du rivage, puis le laissant aller
seul ils ui permirent de faire quelques pas, et puis .. . ils exécutèrent sur
lui un feu de salve de plusieurs fusils, et le camarade Kameneff tomba
sur le rivages.

To Mr. POOLE, American Consul General.
August 2nd 1918.

Dear Mr. Poole, seeing that citizen Lenin’s utterances about the
military operations being de facto conducted by. the Anglo-French
against Russia were made behind closed doors at a meetin at which
your agent could only be present owing to a special courtesy on our part,
public explanations cannot be given about not public utterances. As to
the ex-officers of the Entente Military Missions we have begun negotiations
 with the German Authorities in order to get from them a safe
        <pb n="29" />
        — 29 —

passage from Petrograd to Stockholm for these officers, any possibility
of a passage through Archangel being out of question at the present
moment, when British cruisers have already begun the bombardement
of the Islands covering Archangel. Our negotiations on this subject are
not vet terminated.

Yours truly, TCHITCHERIN.

To Mr. Poole, American Consul General.

5th August, 1918.

Dear Mr. Poole, at the moment when, after the unjustifiable Anglo-French
 incursion citizen Lenin declared in a speech that the Anglo-French
 were in fact making war upon us and you came to us to ask whether
 we are at war or at peace and whether you must remain with us, I
answered that our people is still at peace with the peoples of your countries
 and that in order to enable you to remain here as the representative
 of America you would continue to have the same facilities as before
for communicating with your Government. These facilities are still at
your hands so far as these depend upon us, seeing that the stoppage of
telegraphic communication through Mourmansk is the work of Britain
and not ours. We on our part have placed at your disposal our only
means of communication With your Government—our wireless stations,
and these being at your disposal we ask you to make it known to your
Government as well as to the great masses of the people abroad that an
unwarranted attack, an act of sheer violence, is being made upon us.
We have done nothing to provoke this agression, our people want
nothing else but to remain in peace and friendship with all the
toiling masses of all other countries. In the midst of peace the
Anglo-French armed forces have made a violent irruption into our
borders, taking by force our villages and our towns, shooting down the
faithful responsible workers of the Soviets, disbanding the workers’
organisations and throwing their members into prison or sending them
away from their homes, with nothing to justify their acts of robbery.
No declaration of war was made against us and without a state of war
being declared, battles are being fought against us and our national property
 is being robbed. Against us no right is recognised, no rule is upheld
by those who have sent this force of invaders. Because we, the first in
the world, have established a Government of the exploited and of the
poor, against us pure banditism is considered permissible, and people who
nave not declared war upon us are operating among us like barbarians.
But we, the Soviets of the exploited and the poore are not barbarians
like these Invaders. To those who are shooting down the members of
        <pb n="30" />
        — 30 —

our Soviets we do not answer by doing the same upon the representatives
 of these Governments. The official agents with diplomatic capacity
 of these same Governments are enjoying the immunity that their
authorities refuse to the members of our Soviets. In adopting this attitude
 towards the official Representatives of Great Britain and France,
we are also taking into consideration your insistent demands, seeing in
you the representative of a people who, with your words, «will not do
anything against the Sovietss. When we answer the measure of war
carried out against us with measures of precaution like putting into
concentration camps nationals of the invading powers, we are considering
 them as civilian prisoners. And these measures of precaution we
apply only to members of propertied classes who are our adversaries:
no such measure is applied to our natural allies the workers of these same
countries who are now residing here. The working classes of the whole
world are our friends, and even now, to those countries whose armies
are perpetrating against us undisguised violence, even to their people we
declare «Peace to the houses of the poor». Seeing that you have declared
that your people does not wish to overthrow the Soviets we ask you
whether you cannot make it clear to us what Britain really wants from
us. Is its aim to overthrow the most popular form of government that
the world has seen, the Soviets of the Workers and of the Poor, is its aim
counter-revolution? Seeing its acts we can think that it is so. We can
think that it intends to restore the worst tyranny of the world, odious
tzarism. Or does it want a specific conquest, a definite town or some
strip of land that it can name to us? Remembering your friendliness
I hope that you will help to enlighten us upon this problem which faces
us at the present moment.
Yours truly, TCHITCHERIN.
        <pb n="31" />
        Correspondance se rapportant au départ des
représentants alliés de Vologda.

10/7/18.

TELEGRAM. URGENT.
American Ambassador Francis.

Vologda.

Taking in consideration present situation and possibility of danger
for representatives of Entente Powers Soviets Government looks upon
Moscow as town where security of named representatives can be assured.
Considering as its duty safeguarding ambassadors security government
sees in their coming to Moscow a question of necessity. We hope that
highly esteemed American Ambassador will appreciate this step in friendly
spirit in which it is undertaken. In order to execute this measure and to
remove any difficulties Peoples Commissariat for Foreign Affairs delegates
 to Vologda as its representative citizen Radek.

TCHITCHERIN 602.

10/7/18.

TELEGRAM. URGENT.
Japanese Chargé Affaires Marumo.
Vologda.

Taking in consideration present situation and possibility of danger
for representatives of Entente Powers Soviets. Government looks upon
Moscow as town where security of named representatives can be assured.
Considering as its duty safeguarding ambassadors security government
sees in their coming to Moscow a question of necessity. We hope that
representatives of Japanese people friendly relations with whom we
specially desire to keep up will fully appreciate this step in the friendly spirit
in which it is taken. In order to carry this measure through and to re-
        <pb n="32" />
        — 82 —

move any difficulties Peoples Commissariat for Foreign Affairs delegates
 to Vologda as its representative citizen Radek.

TCHITCHERIN 603.

10/7/18.

TELEGRAMME.

0. URGENT.

Ambassadeur Italien

Marquis Tore tt o.

Vologda.
En vue situation actuelle et possibilité danger pour représentants
Puissances Entente notre gouvernement considère Moscou comme ville
où leur sécurité peut être garantie. Considérant comme son devoir de
sauvegarder sécurité ambassadeurs notre gouvernement voit dans leur
venue Moscou nécessité. Espérons que ambassadeur italien considérera
cette mesure dans esprit amical dans lequel elle fut conçue. Pour mettre
à éxécution cette mesure Commissariat du Peuple Affaires Etrangères
envoie Vologda comme représentant citoyen Radek.
TCHITCHÉRINE 604.

10/7/18.

TELEGRAMME., ~~ URGENT.
Représentants Francais.

Vologda.

En vue situation actuelle et possibilité danger pour représentants
Puissances Entente notre gouvernement considére Moscou comme ville
où leur sécurité peut être garantie et voit en leur venue Moscou necessité
dictée par évènements. Pour mettre à éxécution cette mesure Commissariat
 du Peuple pour Affaires Etrangères envoie Vologda citoyen Radek
commé représentant.

TCHITCHÉRINE 605. -

10/718.

TELEGRAM,
Tchitcherin Commissariat for Foreign Affairs.

Moscow.

July eleven. Immediately on receiving your urgent message at
midnight I called a meeting of the chiefs of the allied missions as their
        <pb n="33" />
        - 33 —

dean. I am requested by them to ask you why you think our remaining
in Vologda unsafe or inadvisable. We have no fear of the Russian people
whom we have always befriended and whom we consider our allies and
we have full confidence in the population of Vologda. Our only anxiety
is concerning the forces of the central Empires with whom we are at war
and in our judgement they are much more likely to capture Moscow
than Vologda. We realize that in a country suffering as Russia is at present
 there are unreasonable and desperate men but we are confident that
they .are not more dangerous at Vologda than elsewhere. At Moscow on
the other hand we hear that the Germans have already received permission
 to introduce their troops to safeguard their representatives and
in any case the town is directly threatened by the Germans. If you mean
by your.message that the Government of Soviets have taken without
consulting the Allied Missions the decision that the latter should come
to Moscow and that you are sending Mr. Radek to carry such a decision
into execution we desire to inform you that we consider that would be
offensive to us and we would not comply therewith. FRANCIS.

12/7/18.

TELEGRAM.

URGENT.

Ambassador Francis.

Vologda.

Thanks for telegram. You are obviously badly informed, it is
absolutely false that Germans have received permission to introduce
troops Moscow, this monstrous distortion of true situation shows that
somebody from Moscow deliberately misrepresents to you our policy and
real state of things; when you will be in Moscow no intriguers will be able
to create such trouble between us. Moscow is not threatened by Germans,
 if it was the case we would at once warn you and take steps necessary
for your departure. You are insufficiently informed situation Russia,
people are for us but conspiring groups like that which acted lately systematically
 create trouble; such conspirators prepare stroke, your remaining
 Vologda impossible. We have responsibility to bear, we cannot
ntherwise. Radek goes consult you first.

TCHITCHERIN.
        <pb n="34" />
        10 Juillet 1918. .

Le porteur de la présente, le citoyen Radek, directeur du Département
 pour l’Europe Centrale du Commissariat du Peuple pour les Affaires
Etrangères, est délégué pour organiser le voyage des représentants des
Puissances de l’Entente se rendant de Vologda à Moscou, ayant reçu
du Commissariat pleins powwairs pour traiter avec les dits représentants
boutes les questions relatives à leur venue à Moscou, pour écarter toute
difficulté et tout malentendu et pour donner aux autorités locales toutes
les directions nécessaires en cette affaire. Le Gouvernement Russe prie
les Répresentants des susdites Puissances de considérer toutes | e s ouverbures
 qui leur seront faites par l’entremise du citoyen Radek dans le
même esprit d’amitié et de bienveillance mutuelle dans lequel elles ont
Été. conçues. . .
Le Commissaire du Peuple pour les Affaires Etrangéres

(Signé) TCHITCHÉRINE.

TRANSLATION FROM RUSSIAN.
Vologda, July 14th 1918.

The American Ambassador, Dean of the Diplomatic Corps.

Vologda.

On July 12th I beg to inform you that the People’s Commissary
for Foreign Affairs deems it necessary for the entire Diplomatic Corps
to leave Vologda for Moscow. I was pointing out to you that our invitation
 was due to the apprehension that the adventurous elements which
attempted to involveRussia in the war through the provocationary assassination
 of the German Ambassador might try to protect themselves
against the accusation of acting as the result of alliedinducement bymaking
 a similar attempt against tce representatives of the Allied Powers.
At the same time I was emphasising the fact to which my attention was
drawn by the Soviet Authorities at Vologda that about 5000 German
and Austrian prisoners of war have gathered there and are no doubt
partially excited by the assassination of the German Ambassador.
I took the liberty of responding to all your objections advanced
in your name and in that of the Diplomatic Corps. I pointed out that the
information supplied to you by persons personally unknown to me about
German military detachments being at present in Moscow is a conscious
provocation. With regard to your statement that Moscow is directly
threatened by a German offensive I submitted that this having actually
        <pb n="35" />
        been the case with Petrograd all measures were at that time taken by
us for assisting the Diplomatic representatives as well as a great number
of allied citizens who were demanding to be evacuated, and this we did
before we evacuated our own Government. :
i regret to have to note that these arguments did not convince the
Diplomatic Corps at Vologda. You replied that until you would receive
information as to what demands the Ger mans have made in connection
with the assassination of Count Mirbach, you would not be in position
bo alter your decision about refusing to go to Moscow,
Hereby I beg to inform you in the name of the People’s Commissarat
 for Foreign Affairs that the German Government in connection with
the assassination of Count Mirbach has only made the selfevident demand
for the punishment of the persons guilty of the assassination and for the
reinforcement of o ur guards at the Embassy.
In fulfilling your request for information concerning the demand
of the German Government, I insist most emphatically on the fulfilment
of our request for the departure of the Diplomatic Corps to Moscow. 1
emphasize once more that our proposal does not emanate out of any
other motives but our sollicitude for the safety of the diplomatic representatives.

T also emphasize once more that we shall contemplate a nonfulfilment
 of our request as an act distinctly unfriendly and hostile.
I beg to ask you for the earliest possible reply.
(s) Karl Radek, Representative of the People’s Commissariat for
Foreign Affairs.

TRADUIT DU RUSSE.

Vologda, 14 Juillet 1918.

A Monsieur Lindley, Représentant anglais.

Monsieur,

A la question posée par moi sur l’arrivée d’une mission économique
anglaise à Moscou, le Commissaire du peuple aux Affaires Etrangères,
Tchitchérine, m’a fait connaître que la Mission économique recevrait
naturellement la plus complète inviolabilité diplomatique et le droit de
quitter Moscou quand cela serait nécessaire; le commissariat du peuple
aux Affaires Etrangères m’accorde pleins pouvoirs pour saluer la Mission
Economique anglaise et l’inviter à Moscou; dans cette ville les organes
Économiques compétents de notre Gouvernement Paideront en toutes

Qk
        <pb n="36" />
        circonstances à remplir sa tâche tendant au rétablissement des relations
économiques entre la Grande Bretagne et la Russie.
Avec un profond respect, Le Représentant du Commissariat aux
Affaires Etrangères,

EMBASSY OF THE UNITED STATES.
Vologda, July 15th. 1918.
Mr. K. Radek, Representative of the People’s Commissariat for Foreign
Affairs.

Hotel «Golden Anchor»,
Vologda.

Sir.

In reply to your letter of the 14 th. addressed to myself as dean of
the Diplomatic Corps in Vologda I enclose copies of telegraphic correspondence
 between Mr. Commissary Chicherin and myself. This correspondence
 was begun before your arrival in Vologda and we think presents
 sufficient answer to the letter above mentioned.
Sincerely,
(Signed) DAVID R. FRANCIS.

EMBASSY OF THE UNITED STATES OF AMERICA.
Vologda, July 15 th. 1918.
Mr. K. Radek, Representative of People’s Commissariat for Foreign
Affairs,
Hotel «Golden Anchor»,
Vologda. .

Sir.

Both your communications of this date were received after the
adjournment of the meeting of the Allied chiefs.in Vologda which was
of a duration of nearly two hours. The reply agreed upon and sent to
the Commissary in reponse to his cordial message of the 14 th. I thought
was enclosed to you in my letter of today but I find it was not. The inclosures
 were incomplete without it. I forward herewith a copy of my
belegram to the Commissariat of this date which contains the reply to
        <pb n="37" />
        24

he invitation as agreed upon unanimously by the Diplomatic Corps
n Vologda and regret that it was not enclosed in my previous note of
this date.

Sincerely,
(Signed) DAVID R. FRANCIS.

TRANSLATION FROM RUSSIAN.
Vologda, July 15 th 1918. |
The American Ambassador, Dean of the Diplomatic Corps.

Vologda.

I received from you copies of the telegrams exchanged between
you and the People’s Commissary Chicherin of which I was already informed
 heretofore. I regret to have to note that these telegrams do not
contain any answer to my inquirey nor a realisation of the promise given
to me on the 12 th inst. You promised to submit to a new decision the
question of your going to Moscow as soon as you will be in receipt of
information about German demands raised in connection with the assassination
 of Count Mirbach. You have received this information from me
and I am therefore constrained to ask you by the present to fulfil the
promise given me by you on July 12th to convoke the Diplomatic Corps
and to reply to me in its name whether you are willing or not to respond
to the invitation of the Russian Government. -
I should be much obliged to you if I shall receive an answer even

to-day. 1 ©
(s) Karl Radek, Representative of the People’s Commissariat for
Foreign Affairs.

TRANSLATION FROM RUSSIAN.
Vologda, July 15 th 1918.
The American Ambassador, Dean of the Diplomatic Corps,

Vologda.

On July 14 th I received the following telegram from Chicherin,
People’s Commissary for Foreign Affairs, which I beg to bring to your
sognisance :
        <pb n="38" />
        — 38 —

Answering the inquiry of the American Ambassador I pointed
out to him and ask you to do it that the measures taken by you such as
the stationing of guards do not purpose to limit the immunity of the
Diplomatic Corps, but are on the contrary safeguarding their safety. As
à matter of fact the whiteguard bands are erring across Northern Russis
making unexpectedly their appearance at different places. Moreover the
danger of a left-social-revolutionist provocationary manoeuvre has to
be taken into account. In our possession there are direct indications
concerning the preparations of an attempt from their quarter to be made
in Vologda. There is also an accumulation of German prisoners of war
in Vologda.

When I was writing about the impossibility of the Ambassadors
remaining at Vologda, I had in mind the actual impossibility resulting
from the state of affairs in this place and which is outside the reach of
our control. ‘The English offensive against Soroki, towards Sumski
Possad, i. e. eastwards in the direction of Onega which has no relation
whatsoever to the danger threatening from the direction of Finland,
and the fusillades of membres of the Kem soviet are causing such excitement
 in the broad popular masses that sudden outbreaks against the
English are possiblei and every day of unnecessary sejourn of the Ambagsadors
 in Vologda is pregnant with the possibility of a catastrophe
which we cannot quietly envisage and are obliged to avert.
If for some reason or other Moscow is not to the liking of the Ambassadors
 we can offer them near Moscow beautiful and convenient
villas. I applied in my first telegram a more determinate tone for the
reason that Mr. Francis told Vosnesensky that they are not going to
Moscow in order that it might not be understood as a change of policy
on their part which actually did not take place. Taking into consideration
 this statement of Mr. Francis I pointed the actual impossibility
which stands outside the reach of our control of their remaining at Vologda
 as thereby the possibility is eliminated of their leaving for Moscow
being interpreted as a change of policy of the Allies. I would ask you
to continue explaining to the Ambassadors this our view emphasising at
the same time that our actions do not purpose to insult the dignity of
the nations represented by the Diplomatic Corps but present merely
the fulfilment of the duty devolving upon us as of averting the dangers
threatening the Diplomatic Corps».

KARL RADEK.

Representative of the People’s Commissariat for Foreign Affairs.
        <pb n="39" />
        — 39 —

TRANSLATION FROM RUSSIAN
TELEGRAM.

15. th. July 1918.

Urgent.

Radek Vologda Soviet.

Owing to unexpected complications it is necessary to delay the
Jecision. await our further instructions 620.

(Signed) TCHITCHERIN.

13/7/18.

Chicherin Commissariat for Foreign Affairs.
Moscow.

TELEGRAM.

I have received your telegram in response to mine which was sent
n reply to your first telegram concerning the removal of the allied mission
from Vologda to Moscow. Mr. Radek representative of the Soviet Government
 arrived and had conference with me before the receipt of this telegram.
 He informed me that your first telegram was intended for invitation
 or advice to the Allied Missions in Vologda and not a command or
a decision to be enforced by him as your representative. After conferring
with Mr. Radek I submitted his proposition to the Allied Diplomatic
Corps which decided to stand on its former reply and declined your invitation
 to come to Moscow until hearing what further demands or movements
 Germany is likely to make as the German press and many prominent
 Germans charge the Allies with inspiring planning and carrying into
execution the assassination of the German Ambassador Mirbach. Mr.
Radek when informed by me of this decision demanded a written statement
 from the Allied Missions that we absolve the Soviet Government
from all responsibility for our safety. When again informed that the
Allied Missions stand on their reply telegraphed you until they learn what
Germany demands or proposes to do, QT Radek stated that he would
station guards around every Allied chancëry or residence in Vologda who
would be instructed to admit no one without his approval or ours as he
proposed to remain in Vologda until receiving further instructions from
you or the Soviet Government. While we have not asked for guards and
appreciate guards stationed around our residences and chanceries solely
for our protection we look upon the plan as proposed by Mr. Radek as a
virtual arrangement to place us under espionage or to make us prisoners.
We trust such is not your intention; if it is we protest against the plan
proposed by Mr. Radek as incompatible with the dignity of our Govern-
        <pb n="40" />
        — 40 —

ments. Your telegram states that our remaining in Vologda is quote impossible
 unquote. While Mr. Radek disclaimed any intention on the part
of the Soviet Government to compel us to come to Moscow your telegram
 fails to reply to that portion of my message to you based upon the
theory that Mr. Radek had been sent to Vologda to carry into execution
a decision of the Soviet Government, We await your reply to this telegram.

FRANCIS.

14/7/18.

TELEGRAM.

American Ambassador Francis.
Vologda.
Answering your telegram dated thirteenth July I can state guards
stated around your chanceries and residences have sole aim your protection
 against dangers menacing you in the present situation about
which we have information. We are very far from attempting anything
incompatible with our duties towards you but it is this duty that compels
 us not to allow catastrophical events to happen. We never intended
to command you and Mr. Radek did not go with that purpose, my first
telegram was intended for invitation and we were ourselves and are still
compelled by the real state of things existing in fact independently from
our will to draw your attention to the quote impossiblity unquote existing
 in fact not through us of your remaining in Vologda under ‘the
conditions about which we have information. Germany makes-no furfher
 demands except those communicated to you by Radek. If Moscow
is displeasing to you we can offer for your residence beautiful villas in
its neighbourhood.

Urgent.

TCHITCHERIN.

15/7/18.

TELEGRAM.

Chicherin Commissariat for Foreign Affairs.
Moscow.

July fifteenth. Your message date fourteenth received about midnight
 and we thank you for its cordiality and for the interest you manifest
in our personal safety. We accept your assurance that the guards stationed
 around our chanceries and residences have as their quote sole
        <pb n="41" />
        aim unquote our quote protection against dangers menacing us in the
present situation about which you have information unquote. As howsver
 our wishes were not consulted when the guards were sent and as.
Mr. Radek stated when informing me such guards would be established
that no one would be permitted to enter our chanceries or residences
without permission from the soviet authorities we quite naturally concluded
 that we were placed under espionage if not made prisoners. The
guards were not sent until the following day when we received official
notice from the Vologda Extraordinary Revolutionary Staff that persons
designated by allied missions would also be allowed entrance thereto.
While repeating that it is impossible for us to remain in Vologda where
quiet and order still prevail you do not mention the nature of the danger
which is so imminent. We repeat that we have no fear of injury from
the Russian people themselves whom we have continuously befriended
whom we still consider our allies and for whom we are making strenuous
efforts to import food from our own countries. We are in Vologda with
the approval or by the instruction of our respective governments and
feel that we should not change our residence without consulting them.
You are doubtless aware that cable communication with our governments
has been severed and contrary to all international courtesies and rights
is no longer permitted. None of us have received a communication from
our governments since the assassination of the German ambassador
Mirbach with which the allies are absurdly charged by the German press
and by many German leaders. We submit that no reply to your courteous
 invitation should be demanded of us before communication
with our governments is reestablished in order that we may inform them
of this invitation and receive instructions thereon or authority to act
on our own judgment. Your telegram states quote Germany makes no
further demands except those communicated to you by Radek unquote;
we believe that the demands already put forward are not final. Since
those terms were communicated to you through your representative in
Berlin there has been a change in the ministry of the German Government,
who may be expected to demand concessions additional to those communicated
 to us by Mr. Radek. If you will arrange so that we can communicate
 with our respective governments, sufficient time may elapse to
enable both you and ourselves to ascertain what additional or different
demands the new German Ministry may make upon the Soviet Government
 or what new charges it may present against the Allies.

FRANCIS.
        <pb n="42" />
        ET —

17/7/18.

Lit. B.

TELEGRAM.
Ambassador Francis,
Vologda.
Thanking you very much for your kind telegram I allow myself
to refer you to our representative Radek about the questions you mentioned.
 We have had new trouble but now it is all right. __
TCHITCHERIN 625.

22/7/18.

Urgent.
American Ambassador Franci 8.

TELEGRAM.

Vologda.

I entreat you most earnestly leave Vologda come here, danger
approaches, to-morrow can be too late, when battle rages distinction of
houses cannot be made. If all smashed in your domiciles during struggle
of contending forces responsibility will fall upon your making deaf ear
to all entreaties. Why bring about catastrophe which we will avert?

TCHITCHERIN 660.

TRANSLATION FROM RUSSIAN.

Vologda, July 17 th. 1918.

To the American Ambassador, Dean of the Diplomatic Corps.

Vologda.

Sir,

In view of the fact that I have received an urgent call to go to
Moscow and am leaving at 4 p. m. to-day I desire to have the honour
of taking leave of you individually. I regret to be constrained to abandon
the pleasure to present to you personally before my departure the sentiments
 .of profound respect towards you and the nation represented by
you, as you would only be in a position (as' your Secretary informed me
by telephone) to receive me later on. I beg to do it in writing.
Concerning the matter which constituted the purpose of my going
to Vologda, the Commissariat for Foreign Affairs will communicate with
        <pb n="43" />
        — 483 —

you by wire and I wish to express the hope that in the near future we
shall have the pleasure of welcoming you and the entire diplomatic corps
in the capital of the workmen’s and peasants’ Soviet Republic.
Precise instructions have been issued by me to the local authorities
for the defence of your immunity in as much as it can be safeguarded in
a small town. These instructions have the following purport:
The guards will be bound to keep close watch over the persons
passing by the Embassies. The Provincial Executive Committee
will issue to the members of the Embassies diplomatic certificates.
 Your Russian employees and tradesmen will be supplied by the
local authorities with passes into the Embassies in accordance with your
certificates: same applies to Russian citizens who will be distinguished
by your invitations to the Embassies. They will be supplied by the
Executive Committee with passes for a certain period of time at every
notice of yours.
The Extraordinary Commission for fighting the Counterrevolution
 established in Vologda will supervise the protection of your immunity.
 We experience.acute regret owing to the fact that your idyllic
sojourn in Vologda must be superseded by a more standardised mode
of living, but the war has created the necessity of such standardisation
in your countries as well. As to us in Russia we are in a state of perpetual
 war upon all fronts.
Your communication with your governments have been interrupted
 by the British landing in Mourman. We shall endeavour to
reestablish them through the Moscow Wireless station. I would ask you
to address all your telegrams to your representative in Moscow, from
whom we shall receive them for further transmission by wireless.
Accept, Sir, once more the expression of my profound esteem
towards you and the diplomatic corps headed by you.
Representative of the People’s Commissariat for Foreign Affairs
© (Signed) K. RADEK.

TELEGRAM.
Commissar Foreign Affairs.

23/17/18.
Moscow.

Thanks for your telegram, we appreciate your continued interest
in our personal safety and have concluded to follow your advice and
leave Vologda.

FRANCIS.
        <pb n="44" />
        — 44 _—_

24/7/18.

TELEGRAM.

American Ambassador Francis.
Vologda.

Having heard of your resolve to leave Vologda for Archangel we
see ourselves compelled whilst appreciating your clear comprehension
of the untenable situation in Vologda to beg to be kindly informed by
you about some particulars of your decision. If your intention is to leave
Russia we are powerless to hinder you in doing so, but we express ours
sincerest regrets at your departure from our soil together with our hope
fo see you soon in our midst here in the heart of Soviets Russia. In case
you really wish to depart we beg to emphasise that in our view the relations
 between our two countries are not going to be affected by an event
to which we will not ascribe any political symptomatic character. If
however the idea of exchanging Vologda for Archangel was not altogether
 removed from your mind it is unfortunately necessary to draw
your attention to the fact that under military rule in the expectation of
a siege Archangel cannot be residence fit for ambassadors and that such
a question cannot possibly be answered in the affirmative, I cannot but
repeat that under the present condition, when our foes seeing their impotence
 to take our place in the political inclinations of the great masses
seek to conspire, to create artifical outbursts and to provoke civil war,
we can with complete’ earnestness point to Moscow where as experience
shows our forces are and cannot but remain in undisturbed control of
the city and to its peaceful gay suburbs with their splendid villas as to
an appropriate abode which our government deliberately proposes to
the ambassador of friendly American. We must at any cost avoid the
danger of your departure being misinterpreted in the eyes of our great
masses and of American public opinion and of its being understood in a
sense altogether dissimilar to that in which you and myself would understand
 it, what at the present juncture would be a fatal mistake, and the
best means of averting this danger would be your coming to the official
centre of Russia, where a warm reception awaits you.. The special train
is at your disposal but we do not lose the hope that your decision will
be to come to Moscow.

TCHITCHERIN.

24 /7 /

8

Chicherin Commissar Foreign Affairs.
Moscow.

On receipt of your urgent telegram of the twentysecond addressed
 to me as dean of the diplomatic corps and received about noon of
        <pb n="45" />
        — 45 —

the twenty third, I called the diplomatic corps in conference. After deliberating
 we decided to leave Vologda but considered that our previous
telegraphic correspondence had fully settled the question of our going
to Moscow and that conclusion was negative. As dean of the corps I
replied to your telegram expressing appreciation for your continued
interest in our personal safety and advising that we had concluded to
leave Vologda. Censequently the entire diplomatic corps repaired to
their trains at Vologda Station, but on giving directions for ‘the train
to move we were informed by the railroad officials that no motive power
could be furnished without authority from Moscow. We were under the
impression and had been informed from reliable source that these trains
were at our disposal and locomotives would be furnished upon our request.
 When such request was forwarded to Moscow the reply was received
 after some delay that locomotives could not be furnished without
your consent and you desired to know who had asked for the train
for the American Ambassador and for what purpose he wished to go
to Archangel. I promptly directed that reply be made that the locomotive
 was desired to take the entire diplomatic corps to Archangel as
they had concluded to quit Vologda upon receipt of your urgent telegram
entreating them to leave because unsafe to remain in Vologda and stating
 that postponing departure until tomorrow might be too late. In
reply to this statement you wired me at length. The correspondance
up to this time had been between myself as dean of the diplomatic corps
and yourself as commissar of foreign affairs, This telegram while sent to
me as dean of the diplomatic corps is meant also for mé as the American
Ambassador. Permit me to say that while your message is appreciated
because expressing friendly feeling for the people I represent and desire
on your part to maintain relations with them and with our government,
your treatment of me as their representative does not concord with such
expressions. While I refrained from interfering in the internal affairs
of Russia I have considered that the Russian people were still our allies
and have more than once appealed to them to unite with us in resisting
a common enemy. I have furthermore recommended to my government
many times to send food to relieve the sufferings of the Russian people
and to ship agricultural implements to meet requirements of Russia. A
wireless message sent from Washington July eighttenth received at
Moscow was delivered to me after last midnight, it stated that no message
had been received from me of later date than June twentyfourth except
one sent through Archangel July seventh speaking of the killing of the
German Ambassador; it furthermore stated that it Had cabled me often
and fully. I have received no cable from my government that was sent
after July third except two wireless messages inquiring why they did not
hear from me; I have cabled fully every day. Moreover the press of
Vologda and doubtless the entire press of Russia has received order to
print nothing from any allied ambassador or representative without
first submitting same to the Soviet Government; some journals in Vologda
        <pb n="46" />
        _ 46

and some in Petrograd did print your first telegram inviting or ordering
the diplomatic corps to come to Moscow and our reply thereto; these
were given to the press by myself for the information of the Russian
people and because I thought that secret diplomacy had been abolished
in Russia ;u pon hearing that the press was forbidden to publish further
correspondence concerning our removal to Moscow the diplomatic corps
decided to have printed in pamphlet form in Russian the entire correspondence
 on the subject together with some excerpts from a stenographic
 report of the interview issued with your representative Radek
and myself. These pamphlets have been ready for delivery for two days
past but we are informed that the Central Soviet Commitee or the extraordinary
 Revolutionary staff of Vologda has prohibited delivery of same
to us. Your last telegram addressed to myself while expressing friendly
sentiments towards America and consideration for its ambassador makes
 no mention of my colleagues representing American allies in Vologda.
This is to inform you if you entertain any doubts on the subject that
the allied representatives in Vologda are acting in concert and in perfect
harmony. The allied missions and staffs have been living for twentyfour
hours in the special train on trask at Vologda station awaiting a locomotive
 to transport them to Archangel. Your telegram to me states that
if you permitted to go to Archangel it would only be for the purpose of
their leaving Russia which you quote are powerless to hinder unquote.
Your telegram states that Archangel is not a fit residence for Ambassadors
 in the event of quote a siege unquote. Do you expect a German
siege of Archangel? You certainly do not anticipate allied siege of that
city or you would not insist upon the allied representatives coming to
Moscow. If you mean a siege of Archangel by Russians I can only repeat
what I have said to you and to the Russian people many times and that
is that the allies have nothing to fear from the Russian people whom
they have constantly befriended and with whom they consider themselves
 still in alliance against a common enemy. Speaking for myself I have
no desire nor intention of leaving Russia unless forced to do so and in
such event my absence would be temporary. I would not properly represent
 my government or the sentiment of the American people if I should
leave Russia at this time. The Brest Litovsk peace the allies have never
recognised and it is becoming so burdensome to the Russian people that
in my judgment the time is not far distant when they will turn upon Germany
 and the repulsion of the invader from Russian borders will demonstrate
 -what I have continuously believed and that is that the national
spirit of great Russia is not dead but has only been sleeping. The above
are my personal views and feelings and I think that in cherishing such
I am properly representing my government and my people. The allied
diplomatic corps of Vologda awaits your immediate approval of the locomotive
 to draw their train to Archangel. If local authorities at Archangel
consider the situation does not allow us to remain, we shall leave with
deep regret and with hope of soon returning.
FRANCIS.
        <pb n="47" />
        17 —-TELEGRAM.



24/7/18.

Mr. Chicherin. Commissar for Foreign Affairs.

Moscow.

{ am instructed by the dean of the diplomatic corps to inform you
that the diplomats of the allied mission at Vologda after consideration
of your message decided to request you to furnish at your earliest convenience
 a locomotive to draw their special train from Vologda to Archangel.


LEHRS.

TELEGRAM,

Translation from Russian.

24/7/1919.

Mr. LEHRS, United States Vice-Consul.

Owing to technical difficulties of transmitting my answer in English
 I am going to write it in Russian and would ask you to translate it
into English as my relations with Mr. Poole have shown me the accuracy
of your translation. The absolute separation from America and even
from England is placing us in a difficult position. .
We were deprived of facilities of transmitting telegrams through
Mourmansk. It is only quite recently that the Archangel telegraph station
succeeded in establishing for a short time the connection with the Mourmansk
 station this having been accompanied by considerable difficulties,
while now we have again been deprived of these facilities according to
the statement received from Mourman. An agreement about using the
Finnish cable has not been yet entered into. Our only means of communicating
 with England is through wireless, while with America we are only
in a position to communicate to the extent as the wireless messages
are transmitted there from England or from France. The Moscow wireless
station has no connection with England, a connection with Paris and
Lyons can only be established under considerable difficulties, the connection
 only lasting a short time. Atmospherical conditions do not admit
the use of this connection every day, the messages have to be repeated
several times util they are received. Nevertheless we are using this
        <pb n="48" />
        — 48 —

extremely difficult way for transmitting American, English and French
telegrams, though practically it is only possible to a limited extent. If
Mr. Francis were to send us his telegrams we would within the limits
stated above send them in the same way as we are sending though unfortunately
 sometimes with unavoidable delays the telegrams of Mr.
Poole. Whether or not the wireless messages received in Paris and Lyons
are being sent on is beyond our control. Only the other day the Tsarskoye
Selo Wireless Station succeeded in establishing connection with England.
The United States’ Ambassador is experiencing thé*same difficulties of
communication as we are ourselves. As regards the publication of the
booklet we will enquire into the matter. The Moscow Press has not
been placed under any restrictions concerning the publication of the
Ambassadors statements neither have such general prohibitions been
issued. However as regards the statements concerning the happenings
in Vologda or in Petrograd I must first make enquiries in order to avoid
misunderstandings. At the moment when I sent my yesterday’s telegram
to Mr. Francis I knew only of his desire to leave for Archangel and 1
learnt this from the railway authorities wherefore my telegram was
addressed to him only in his capacity as American Ambassador and not
as dean of the diplomatic corps. About other ambassadors intending
to leave I learnt later on while the telegram of Mr. Francis was received
by me to-day only. Considering the impossibility of the ambassadors
staying either in Vologda or in Archangel their decision to leave for
Archangel is tantamount to departure from Russia. The British Army
from the railway station Soroki is advancing eastwards and at the White
Sea Coast English reconnoitrances have been captured with a map of
the environments. Considering these military actions as result of the
British Government being inadequately informed owing to numerous
counter-revolutionaries enemies of the Russian people, staying in London
and furnishing false information to the British influential circles, we
protest against the British invasion and send troops to counteract the
British armed invasion of our boundaries without up to the present
moment breaking of diplomatic relations, but we are bound to point out
that the fusillades of Soviet members, wholesale arrests and other counterrevolutionary
 acts of British occupationary authorities have called
forthe among the broad masses of the people a wave of indignation
and resentment the consequences of which cannot be foreseen. We should
profoundly regret if Mr. Francis and other ambassadors have decided to
leave for Archangel, i. e. in fact to leave Russia and we equally hope for
their early return to Russia and therewith to Moscow the residence of
the Soviet Government. The refusal to go to Moscow leaves to Mr. Francis
under the present circumstances (we note this with profound regret)
no other way out. This being the case there only remains to issue orders
for a locomotive to be placed at his disposal at Vologda and a steamer
to be prepared in Archangel. Will you be kind enough to remit to Mr.
Francis the assurances of my profound esteem and the hope of obtain-
        <pb n="49" />
        ng the possibility of sustaining with him in the near future close and
friendly relations under more normal conditions. I also hope to have
soon the pleasure of seeing you, Mr. Lehrs, once more in Moscow.

TCHITCHERIN.

TELEGRAM.

July 24 th. 1918. Translation from Russian.
Mr. LEHRS, American Vice-Consul.

Shall issue instructions for locomotive being placed at your disposal
 at Vologda and for steamship being prepared for you at Archangel.
We emphasize once more that we do not attach political importance to
this individual departure of diplomatic representatives caused by a maladvertant
 concurrence of circumstances without our control which we profoundly
 regret.

TCHITCHERIN.

TRANSLATION FROM RUSSIAN.

Press Notice.

On July 25 th. the American Consul General Mr. Poole who is charg-+d
 with the sustainance of diplomatic relations with the Soviet Government
 in Moscow called at the People’s Commissariat for Foreign Affairs
and stated in the name of Mr. Lockhart the British Diplomatic Representative
 and in the name of the French Japanese and Italien Consuls
General that they approve of the statements made yesterday by him
at the People’s Commissariat to the effect “that according to their
personal opinion there is no occasion for supposing that the political
situation in its fundamental lines has been affected by the departure of
the ambassadors who were staying at Vologda, that said representatives
intend staying here so long as circumstances would render this possible
and so long as they are enjoying the privileges and facilities attaching
to their offices and in_particular so long as they have the possibility of
freely communicating with their -governments provided they will not
receive from their governments any instructions to the contrary.
        <pb n="50" />
        50 —

28/VII/1918.

TELEGRAM.

American Ambassador Francis, Archangel.

I take the opportunity of this last moment before your departure
to express once more my profound regret and sorrow at the unfortunate
circumstances that have had as result your present journey across the
sea and also my best thanks for your kindness and courtesy and for your
good feelings towards the Russian popular masses whose most adequate
and faithful representatives are the Soviets, the councils of the Poor and
of the Toiling. Please convey our affection and admiration in the messages
you will send across the ocean to the great people of pioneers on the new
continent and to the posterity of Cromwell’s revolutionaries and of the
heroes of the War of Independence.

TCHITCHERIN.

28 /VI1/1918.

TELEGRAM.

High Commissioner Lindley, Archangel.

Murmansk does not accept our official telegrams but accepts allies
telegrams. We can uphold Archangel Mourmansk telegraph traffic if
both you and ourselves use it, please kindly take the necessary measures
to that effect. I hope this first opportunity of our collaboration will be
successful and will not be the last one.

TCHITCHERIN.
        <pb n="51" />
        — 51 —

28/7/18.

TELEGRAMME.

Ambassadeur Italien Marquis de Toretto.

Au moment ou vous quittez notre République si jeune et si pleine
de passion je me permets d’exprimer I'espoir que le malheureux événement
 dont Vous avez été victime en janvier ne laissera pas en Votre
esprit de trace défavorable envers les masses populaires de Russie luttant
vers la lumiére et le bonheur universel et qui se sont forgé en nos Soviets
une arme souple et acérée pour leur lutte historique. Le peuple italien
qui aime tout ce qui est grand et beau ne peut faire autrement qu’étre
Pami de nos masses travailleuses emportées par un élan gigantesque vers
le plus bel idéal humain.

TCHITCHÉRINE.

29/7/18.

TÉLÉGRAMME.

Chargé d’Affaires Japonais Marumo.

Je regrette profondément que les circonstances ne m’aient pas
permis de cultiver avec vous les relations que j'aurais tant désiré et de
collaborer avec vous au but qui m’est cher de resserrer les liens unissant
nos peuples entre eux.

TCHITCHERINE.
        <pb n="52" />
        <pb n="53" />
        <pb n="54" />
        <pb n="55" />
        <pb n="56" />
      </div>
    </body>
  </text>
</TEI>
