286 L ALLEMAGNE ÉCONOMIQUE. prospérer l’industrie française, sa manière de voir et de faire n’en différait pas moins essentiellement de celle de ses prédécesseurs, en ce qu’il portait son at tention sur l’industrie tout entière, considérée dans son ensemble, et ne se guidait pas de préférence par les intérêts de possesseurs d’établissements indus triels. Mais corn me ces derniers continuaientàavoir la majorité tant au Corps législatif que dans les cham bres de commerce, ses efforts tendirent à convertir cette majorité, ou à la tourner, sans engager avec elle une lutte ouverte. Ne s’était-il pas d’ailleurs, dans la constitution de janvier 1852, attribué le droit de faire à lui seul les traités de paix, d’alliance et de commerce? Et le sénatus-consulte du 25- 30 décembre de la même année n’avait-il pas, dans son article 3, imprimé force de loi aux traités de commerce faits en vertu de cette constitution, pour les modifications de tarif qui y seraient stipulées? Ce furent des événements accomplis dansla Grande-Hre- tagne qui procurèrent tout d’abord à la politique im périale l’occasion de s’affirmer dans le sens indiqué. On sait que pendant des siècles l’esprit le moins libéral avait présidé à la législation anglaise relative à la navigation et aux douanes, et que jusqu’en 1824 l’Angleterre avait maintenu vis-à-vis de tous les na vigateurs européens indistinctement des dispositions toujours bonnes à rappeler Seuls les poissons pê chés par les Anglais pouvaient être importés, et encore ne pouvaient-ils l’être que sur des navires