204 PRINCIPES DE L’ÉCONOMIE POLITIQUE. » personne réellement plus riche, elle tend à rendre chacun réelle- » lement plus pauvre. La hausse de prix en argent de toutes les » denrées et marchandises, qui, dans ce cas, est une circonstance par- « ticulière à ce pays, tend à y décourager plus ou moins toute espèce » d’industrie au dedans, et à mettre les nations étrangères à portée » de fournir presque toutes les diverses sortes de marchandises pour « moins d’argent que ne le pourraient faire les ouvriers du pays, et, * par là, de les supplanter non-seulement dans les marchés étran- » gers, mais encore dans leur propre marché intérieur. » Lir. IV, chap. 5. Ln des désavantages, et, je crois, le seul qui provienne de la dé préciation de l’argent, occasionnée par une abondance forcée, a été très-habilement développé par le docteur Smith. Si le com merce de l’or et de l’argent était libre, « l’or et l’argent qui iraient » au dehors, dit Smith, u’iraient pas pour rien, mais rapporteraient » en retour une valeur égale de marchandises d’une espèce ou d’une « autre. Ces marchandises ne seraient pas non plus toutes en objets « de luxe ou en superfluités destinés à ces gens oisifs qui ne produi- sent rien en retour de leur consommation. Comme cette expor- » tation extraordinaire d’or et d’argent ne saurait augmenter la ri- u chesse réelle ni le revenu réel de ces gens oisifs, elle ne saurait non » plus apporter une grande augmentation dans leur consommation. » Vraisemblablement la plus grande partie de ces marchandises, et » au moins certainement une partie d’elles consisterait en matières , » outils et vivres destinés à employer et à faire subsister des gens » laborieux, qui reproduiraient avec profit la valeur entière de leur >> consommation. Une partie du fonds mort de la société se trou- « verait ainsi convertie en un capital actif, et on mettrait en mou « vement une plus grande somme d’industrie qu’au para vaut. » En empêchant le commerce des métaux précieux d’ètre libre, quand le prix des denrées hausse ou par l'effet de l’impôt ou par raffluence de ces métaux, on empêche qu’une partie du capital mort de la société ne soit convertie en un capital actif, et on empêche une plus grande quantité d’industrie d’ètre mise en activité. Mais voilà tout le mal, et ce mal n’est jamais ressenti dans les pays où l’exportation du numéraire est permise ou tolérée. Le change entre différents pays n'est au pair qn’autant qu’ils ont chacun en circulation la quantité de monnaie qui, dans un état donné de choses, est nécessaire pour le mouvement de leurs produits. Si le commerce des métaux précieux était parfaitement libre, et que