“281 CH. XXll. — DE L’EXPUUTATiON ET DE LlMPORTATIÜ>. hlement que la prime n’influe que sur la quantité déjà produite, et qu’elle n’encourage point une nouvelle production. « Dans les années » d’abondance, dit-il, la gratification, en occasionnant une exporta- « tion extraordinaire, tient nécessairement le prix du blé, dans le " marché intérieur, au-dessus du taux auquel il descendrait naturel- “ lement... Quoique la gratification soit souvent suspendue pendant '* les années de cherté, la grande exportation qu’elle occasionne " dans les années d’abondance doit avoir souvent pour effet d’em- » pêcher plus ou moins que l’abondance d’une année ne soulage la » disette d’une autre. Ainsi, dans les années de cherté, tout aussi " bien que dans celles d’abondance, la prime d’exportation tend de “ même, nécessairement, à faire monter le prix en argent du blé de " quelque chose plus haut qu’il n’aurait été sans cela dans le marché " intérieur '. » Adam Smith paraît avoir senti parfaitement que la justesse de son raisonnement dépendait uniquement de la question de savoir si " l’augmentation du prix en argent du blé, en rendant sa culture plus “ profitable au fermier, ne doit pas nécessairement en encourager la “ production. ‘ Dans un autre endroit il s’exprime de la manière suivante ; « Quelque exten- » sion que la prime puisse occasionner dans les ventes à l’étranger, dans une an- » née quelconque, cette extension se fait toujours entièrement aux dépens dn » marché intérieur, attendu que chaque boisseau de blé que la prime fait exporter, » serait resté dans le marché intérieur, où il aurait augmenté d’autant la con- » sommatipn et fait baisser le prix de la denrée. Il faut observer que la prime sur »le blé, comme toute autre prime pour l’exportation, établit sur la nation deux » impôts différents : le premier est l’impôt auquel il faut qu’il contribue pour dé- » frayer la prime, et le second est l’impôt qui résulte du prix renchéri de la » denrée dans le marché intérieur; impôt qui, pour cette espèce particulière » de marchandise, se paie par toute la masse du peuple, toute la masse devant » nécessairement acheter du blé. Par conséquent, à l’égard de cette marchandise »en particulier, le second impôt est de beaucoup le plus lourd des deux... Par » conséquent, par chaque 6 schellings pour les(;uels le peuple contribue au paie- • ment du premier de ces deux impôts, il faut qu’il contribue pour 6 livres ster- » ling et 4 schellings à l’acquittement du second... Par conséquent, l’exportation » extraordinaire de blé, occasionnée par la prime, non-seulement resserre chaque » année le marché et la consommation intérieure de tout ce dont elle étend le » marché et la consommation chez l’étranger, mais encore par les entraves à la » population et à l’industrie du pays, sa tendance, en dernier résultat, est de gê- » ner et de comprimer l’extension graduelle du marché intérieur, et par là de di - » minuer à la longue, bien loin de l’augmenter, la consommation totale et le " débit du blé. » ( \ote de l'Auteur.J